Les rapports manquants

Publié le 2021-04-07 | Le Nouvelliste

Une semaine après la sortie du Premier ministre Joseph Jouthe sur les ratés de l’opération de la Police nationale d’Haïti à Village-de-Dieu et sa dénonciation de l’absence d’un rapport complet sur les faits qui ont entraîné la mort et la disparition d’au moins cinq policiers, le pays attend toujours le mot des officiels sur ce qui s’est vraiment passé le 12 mars 2021.

Plus près de nous, le mois d’avril a été lancé avec la dénonciation d’un nouveau massacre survenu au Bel-Air. Les habitants du centre-ville ont entendu les détonations le 31 mars et le 1er avril. Les organismes de défense des droits humains ont présenté leur bilan. Les autorités se sont tues. Officiellement, il ne s’est rien passé puisqu’il n’y a pas de rapport officiel.

Le 25 février 2021, le pays a appris que, suite à une mutinerie, des centaines de prisonniers de la prison civile de la Croix-des-Bouquets avaient pris la poudre d’escampette. Jusqu’à aujourd’hui, on ignore le nombre exact de prisonniers dans la nature et le bilan définitif de cet acte qui a occasionné mort d’homme. Encore une fois, les organisations de défense des droits humains ont sorti des rapports, les autorités ont lâché des bribes d’informations.

Comme pour bien de sujets en Haïti, l’information officielle est rare. L’Etat et le gouvernement sont soit incapables de produire les rapports soit insouciants et se défaussent de leurs responsabilités.

Souvent, non seulement les rapports sont manquants mais la parole officielle aussi est inaudible.

Difficile de construire la confiance et de corriger les erreurs si la vérité et la réalité ne sont captées ni au plus haut niveau ni par le citoyen de base.

Frantz Duval
Auteur
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