Insécurité

Joseph Jouthe crée la SNDDR-RVC pour lutter contre l’insécurité parallèlement à la CNDDR…

Publié le 2021-04-07 | Le Nouvelliste

Après la décision d’interdire la circulation des véhicules aux vitres teintées, le Premier ministre a créé, le mardi 6 avril, un groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (SNDDR/RVC). Cette nouvelle commission vise à aboutir à un climat de sécurité publique et d'apaisement social. Parallèlement, la Commission nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion (CNDDR) poursuit son travail…

Les autorités procèdent par tâtonnement pour faire face à la recrudescence de l’insécurité, du kidnapping et la multiplication des groupes armés dans le pays. A nos jours, aucune des décisions prises, aucun des décrets et arrêtés sur la sécurité n’ont encore donné de résultats.  Le décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale d’intelligence (ANI), le décret pour le Renforcement de la sécurité publique publiés en novembre dernier, l’arrêté décrétant l’état d’urgence dans les zones contrôlées par des groupes armés comme Delmas 2, Village-de-Dieu, Grand-Ravine, Savien, Petite Rivière de l’Artibonite sont entre autres mesures déjà prises par les autorités.

La dernière décision en date est la création d’un groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (SNDDR/RVC). Selon un communiqué de la Primature, « résolument tourné vers une synergie des actions gouvernementales autour du désarmement, du démantèlement et de la réinsertion des bandes armées dans le pays, le Premier ministre, Monsieur Joseph Jouthe, a créé et lancé ce mardi un groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (SNDDR/RVC), aux fins d'aboutir à un climat de sécurité publique et d'apaisement social au bénéfice de toute la population ».

Cette ‘’task force’’, précise le communiqué, devra réviser et finaliser le document de la SNDDR-RVC, informer régulièrement le chef du gouvernement de l'avancement des chantiers et faire les recommandations y afférentes.

« Dans le cadre du déploiement de la SNDDR-RVC, la task force s'assurera également de la mise en œuvre de programmes sociaux, de sensibilisation communautaire, d'apaisement social, à travers des projets à haute intensité de main d'œuvre, tout en veillant à la restauration de la confiance et de l'harmonie au sein de la Police nationale d'Haïti (PNH), en passant par la définition d'une nouvelle politique de formation professionnelle et de création d'emplois durables dans le pays », a détaillé le communiqué de la Primature.

Toujours selon le communiqué, le Premier ministre Jouthe se réjouit de la nécessité que l'opérationnalisation du document de Stratégie nationale (SNDDR/ RVC), préparé par la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), avec l'appui technique et logistique du Bureau intégré des Nations unies pour la justice en Haïti (Binuh), serve de plateforme pour promouvoir les droits humains et éradiquer le phénomène de gangstérisation des quartiers populaires en offrant des services publics essentiels aux populations des zones les plus vulnérables.

La SNDDR/ RVC est composée de la Primature via le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des droits humains et de la lutte contre la pauvreté ; du ministère de la Planification et de la Coopération externe ; du ministère de la Justice et de la Sécurité publique ; du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales ; du ministère de la Défense ; du ministère des Affaires sociales, les Forces armées d’Haïti ; la Police nationale d’Haïti et de l’Office de la protection du citoyen.

Il faut rappeler que le chef de l'État, Jovenel Moïse, avait procédé à l'installation, le lundi 11 mars 2019, des membres de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR). Cette structure est chargée de coordonner et d'appliquer, d'après l'article 4 de l'arrêté l'ayant instituée, la politique de l’Etat en matière de désarmement, de démantèlement des groupes armés et de réinsertion des individus désarmés. Edwin Florexil, Innocent Joseph, Roodiny Jean-Baptiste, Abler Roudy Lalane, Jean Chenet Lucien, Greatz Marie Lydie Sironel Charles, Jean Rebel Dorcéna, Jude Jean Pierre et Frantz Toyo composent cette nouvelle commission.

L’arrêté publié le 8 mars 2019 rapporte celui du 28 août 2006 consacré à la création de la commission ayant été rendue inactive depuis 2011. La CNDDR est placée sous la tutelle du Premier ministre. Elle représente, comme le stipule l'article 2 de l'arrêté, un organe décisionnel, technique et administratif de renforcement de la sécurité publique qui vise la paix sociale durable à travers le désarmement, le démantèlement des groupes armés illégalement et la réinsertion des individus désarmés.

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