Francophonie/ Hommage

Honneur et mérite à Franketienne

La reconnaissance est la mémoire du cœur. L’écrivain Frankétienne a été honoré, le samedi 20 mars 2021,  à l’Institut français en Haïti (IFH), dans le cadre de la célébration de la francophonie. Cette cérémonie d'hommage dénommée « Marathon Frankétienne » a donné lieu à un spectacle culturel et artistique.  Slams, percussions et chants se sont accordé pour saluer l’homme de Ravine sèche et perpétuer son œuvre. Un moment de grande émotion en compagnie de  l’auteur de Dezafi.

Publié le 2021-03-25 | lenouvelliste.com

La cour de l’IFH a vu se réunir, samedi dernier, un beau monde autour de Frankétienne. Comme une manière de résister à ces temps sauvages et ténébreux, le public a répondu à l’appel de l'IFH. Ces gens ont bravé Port-au-Prince pour venir exprimer une fois de plus leur gratitude et leur reconnaissance à cette grande figure de la peinture et des lettres haïtiennes. Pour se questionner, à leur tour, sur Port-au-Prince, les mordus des belles-lettres ont aussi joint leur voix à celles des artistes qui ont performé et celle de l’éditeur Rodney à Saint-Éloi dans sa préface du livre « Rapjazz, le Journal d'un paria » de Franketienne.

« Je me promène dans ce livre bizarre, Rapjazz, Journal d’un paria de Franketienne. Je suis frappé par une évidence. L’évidence est la question et non le fait. Et je me pose une question simple, qui revient soit sous forme d’une anecdote, soit sous forme  d’une nécessité historique : Que serait Port-au-Prince sans Franketienne ? 

Avec brio, des artistes de talent, Rolphton Mercure, Euthalie Bélizaire, Stéphanie Charlotin, ont fait le show.  Des textes empreints de spirale coulent à flots. Ces envolées poétiques ruissellent le long de la cour du Bois-Verna. Haut s’élèvent leurs voix, elles se font entendre. Ces phrasées s’élèvent à la dimension de l’homme pour montrer toute l’envergure de son œuvre, son talent et sa vision. Dans leur voix, le poète Rodney a laissé parler Saint-Éloi. 

« Rapjazz est le livre d’un visionnaire. L’écrivain dépasse ainsi les formes sensibles et les langues (créole/ français). La  communication est cet acte absolu, cette relation organique avec les genres, les êtres, les choses et l’univers afin que s’actualisent tous les possibles, en nous et pour nous ».

Franketienne continue de marquer les esprits. Autant que son âge ( 85 ans), son œuvre pèse encore de tout son poids dans la balance de la littérature contemporaine. Ce monstre de l'écriture traine derrière lui un parcours remarquable et inspirant. À en croire un participant, c'est un hommage mérité. Franck  marque son temps. Selon lui, on ne finira jamais de rendre hommage à cet écrivain atypique.

Présent à cette cérémonie, l’auteur de « Pèlen tèt » a tenu à remercier l'IFH et prodiguer des conseils aux jeunes.

« Je profite de cette occasion pour remercier l’IFH et toutes les autres personnalités qui ont rendu possible cet événement. Je dis merci à tous ces jeunes qui ont mis en évidence le travail intellectuel que j’ai réalisé pendant plus de soixante ans. S’il arrive que tu (jeunes) tombes, apprends vite à chevaucher ta chute, que ta chute devienne cheval pour continuer le travail », conseille Franck.

Notons qu’un ensemble de personnalités ont pris part à cette cérémonie d'hommage : le romancier Franketienne; l’ambassadeur du Canada en Haïti, Stuart Savage; la directrice de l’Institut français en Haïti, Françoise Balais; le poète Clotaire Saint-Natus et des figures du monde culturel.



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