Des membres de Fantom 509 extraient de force un policier gardé à vue au commissariat de Croix-des-Bouquets

Publié le 2021-03-18 | Le Nouvelliste

Les membres du groupe Fantom 509, constitué de policiers réguliers, révoqués ou en instance de révocation, ont encore défilé dans les rues de la capitale, jeudi 18 mars. Cagoulés, armés et à bord de motocyclette, ils ont semé la terreur au Champ de Mars, à Bourdon, à Delmas, etc. Comme annoncé 24 heures plus tôt, ils se sont rendus à Croix-des-Bouquets.

La sécurité a été renforcée dans les parages du commissariat et de la prison de Croix-des-Bouquets. Toutefois, un policier  (dont l'identité n'a pas été révélée) qui était en garde à vue au commissariat de Croix-des-Bouquets a été libéré par le groupe Fantom 509. Les protestataires ont quitté les lieux après avoir obtenu la libération du policier en question. Leur cortège a été dispersé à coups de gaz lacrymogène par des policiers qui se trouvaient non loin du commissariat de Delmas 33. La veille, ce commissariat a été attaqué par le même groupe qui a libéré de force 4 policiers qui étaient en garde à vue. 

Au cours d’un point de presse donné mercredi soir, le directeur général de la police nationale, Léon Charles, a dénoncé les actions délinquantes du groupe Fantom 509. « Ce groupe ne s’associe pas à l’ordre et à la discipline. Fantom 509 profite de l’échec de l’opération de vendredi dernier pour troubler l’ordre public », a-t-il dénoncé. 

Si l’identité du policier libéré à Croix-des-Bouquets n'est pas connue, les policiers libérés à Delmas 33 sont identifiés. Il s'agit de Eliphète Bonfritz, Becker Beaublanc, David Zidor et Edyvenson Joseph, qui ont été arrêtés à Petit-Goâve le 21 janvier dernier. Selon les autorités policières, ils étaient en possession de 3 pistolets et 2 fusils M4 dont l’un est falsifié au moment de leur arrestation. 

Dans une note de presse parvenue à la rédaction, les avocats des concernés ont expliqué qu'ils ne sont plus au commissariat. « Les avocats des policiers Eliphète Bonfritz, Becker Beaublanc, David Zidor et Edyvenson Joseph, arrêtés illégalement le 21 Janvier 2021, à Petit-Goâve, par le délégué départemental des Nippes et un groupe de voyous, sans droit, ni qualité, confirment qu’ils ont été tirés de leur cellule au commissariat de Delmas 33, le mercredi 17 mars 2021, vers midi 55 p.m., par une foule immense de citoyennes et citoyens en colère », ont fait savoir les avocats. 

« Les policiers Eliphète Bonfritz, Becker Beaublanc, David Zidor et Edyvenson Joseph ne sont ni des évadés de prison, ni des fugitifs en cavale. C’est un concours de circonstances exceptionnelles, totalement indépendant de leur volonté, qui les a mis en liberté. D’ailleurs, détenus arbitrairement au commissariat de Delmas 33 depuis près de 2 mois, Eliphète Bonfritz, Becker Beaublan, David Zidor et Edyvenson Joseph sont des victimes de la défaillance de la justice haïtienne et de la politisation de la police nationale d’Haïti,notre seule institution républicaine de maintien de l’ordre.                                   

«Ainsi donc, les policiers Eliphète Bonfritz, Becker Beaublan, David Zidor et Edyvenson Joseph, en liberté de fait, sont à la disposition des autorités compétentes. Ils comparaîtront, en état de liberté, par-devant qui de droit, au moment opportun, avec toutes les garanties de fait et de droit, dues à leurs statuts de policiers et de citoyens qui n’ont jamais été condamnés par la justice de leur pays », conclut la note partagée par André Michel et portant les signatures des avocats André Michel, Jean Michel Augustin, Marc Antoine Maisonneuve, Axène Joseph et Arnel Rémy.

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