Conseil de sécurité de l’ONU

La situation actuelle d'Haïti « n’est pas tenable sur le long terme », selon la France

Publié le 2021-02-22 | Le Nouvelliste

Au cours d’une session virtuelle du Conseil de sécurité de l’ONU le lundi 22 février sur Haïti, la représentante de la France a fait savoir que son pays était préoccupé par la dégradation de la situation en Haïti. Après avoir peint un tableau peu réjouissant de la réalité dans le pays, évoquant le président Jovenel Moïse qui dirige par décret depuis un an, la révocation des trois juges de la Cour de cassation, l’impunité, l’insécurité, entre autres mauvaises notes, Nathalie Estival-Broadhust a affirmé que « cette situation n’est pas tenable sur le long terme ».

« La France observe avec une grande préoccupation la dégradation de la situation en Haïti », a déclaré la représentante de la France au Conseil de sécurité  lors de cette session virtuelle environ dix jours après la présentation du rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation en Haïti marquée par une longue crise politique, des mouvements de protestation, l’augmentation de 200% des cas de kidnapping, la recrudescence de l’insécurité, la paupérisation de la population, entre autres.

Dans son intervention après le discours du président Jovenel Moïse au Conseil de sécurité, Nathalie Estival-Broadhust a souligné que faute d’élections, le Parlement ne siège pas depuis déjà un an. « Les autorités haïtiennes gouvernent par décret et certains décrets sont une source d’inquiétude notamment  celui créant l’Agence nationale d’intelligence, celui sur le terrorisme ou encore celui qui a conduit au renvoi de trois juges pourtant inamovibles selon la Constitution », a souligné la représentante de la France au Conseil de sécurité.

« Je l’ai dit sans ambiguïté, cette situation n’est pas tenable sur le long terme », a affirmé Nathalie Estival-Broadhust. Cependant, pour la représentante de la France au Conseil de sécurité, les élections annoncées pour cet automne, c’est un pas dans la bonne direction. « Encore faut-il que ces scrutins contribuent à une sortie de crise et ne rajoutent pas à la confusion actuelle », a-t-elle avancé.

Selon la France, trois conditions doivent être remplies pour permettre à Haïti de retrouver la voie de la stabilité. Premièrement, « des conditions de sécurité minimale doivent permettre aux scrutins de se tenir dans des conditions satisfaisantes. Deuxièmement, les autorités doivent accélérer la distribution des cartes d’identification afin de garantir une participation la plus large possible aux élections. Troisièmement, un juge électoral impartial doit être  établi de manière que les résultats soient acceptés par tous », a exhorté la France devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

S’agissant du référendum annoncé par le président Jovenel Moïse pour doter le pays d’une nouvelle Constitution, la représentante de la France au Conseil de sécurité de l’ONU a souligné qu’il ne lui appartenait pas de se prononcer sur ce processus. « Mais nous souhaitons seulement que les forces vives du pays puissent être en mesure de débattre du texte et de ses implications institutionnelles à long terme et surtout qu’il n’aboutisse pas à retarder encore davantage les élections », a-t-elle fait savoir.

Par ailleurs, « en matière de sécurité et de respect des droits de l’homme, les autorités peuvent faire davantage. Je pose la question sans détour. Comment est-il possible qu’aujourd’hui que Jimmy Chérizier soit encore en liberté ? Les responsables des massacres de La Saline, de Bel-Air…doivent être traduits en justice », a exigé l’ambassadrice de la France devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

La représentante de la France a dit constater aussi que l’enquête sur l’assassinat de Me Monferrier Dorval ne progresse pas. « La lutte contre l’impunité doit être la priorité des autorités », a-t-elle exhorté aux autorités haïtiennes.

« La crédibilité des institutions  est profondément ébranlée aujourd’hui en Haïti en particulier par des affaires de corruption qui ruinent la confiance de la population », a soutenu l’ambassadrice Nathalie Estival-Broadhust.

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