Il y en a qui vont sur Mars, d’autres tournent en rond

Publié le 2021-02-18 | Le Nouvelliste

Encore une prouesse de ceux des hommes qui veulent aller plus loin chaque jour...

Une performance technique extraordinaire a eu lieu le jeudi 18 février 2021. Elle s’est concrétisée à 470 millions de kilomètres de nous. À 470 000 000 de kilomètres de la Terre.

Après un voyage dans l’espace de 203 jours, un vaisseau a largué « Perseverance », un Rover bourré d’équipements de toutes sortes, qui a atterri sur la planète Mars.

Le vol comme l’atterrissage se sont déroulés sans problème. Le tout a été contrôlé à distance par la Nasa, l’agence américaine dédiée à la conquête de l’espace depuis le 1er octobre 1958.

Le but de la mission est d’essayer de répondre s’il y a eu une forme de vie sur Mars. Des instruments de mesure vont faire des prélèvements et des analyses en ce sens.

« Les scientifiques cherchent ce qu'ils appellent des biosignatures: des traces de vie microbienne », rapporte la dépêche de l’Agence France Presse qui détaille les objectifs de la mission.

« Ou bien nous trouvons de la vie, et ce serait une découverte exceptionnelle, ou bien ce n'est pas le cas, (...) et cela suggérera que tous les environnements habitables ne sont pas habités », a prévenu Ken Farley, scientifique du projet. Et qu'il faudra chercher ailleurs.

La mission va aussi essayer de faire voler un minihélicoptère sur Mars pour savoir si dans un air d'une densité équivalente à 1% de celle de l'atmosphère terrestre on peut utiliser un tel moyen de transport.

Qu’entend-on sur Mars ? avant l’arrivée d’homme sur place, des micros vont tenter d’enregistrer le son martien.

La Nasa fera aussi l'expérience de production d'oxygène directement sur place, grâce à un instrument de la taille d'une batterie de voiture fonctionnant un peu comme une plante, en aspirant le dioxyde de carbone de l'atmosphère martienne. Cet oxygène pourrait servir à de futurs colons humains pour respirer, mais aussi de carburant.

Les arrière-pensées qui guident toute la philosophie de la mission Mars 2020 – il faut se rappeler que le voyage de 203 jours a débuté l’année dernière – vont toutes vers une colonisation de Mars pour ensuite pouvoir aller plus loin…

Si au XXe siècle les concurrents des Américains étaient les Soviétiques qui avaient ouvert la conquête spatiale, aujourd’hui c’est la Chine qui fait la course avec les États-Unis d’Amérique. Le pays de Mao a récemment placé sa sonde « Tianwen-1 » en orbite autour de Mars, contenant un robot téléguidé qui devrait tenter d'atterrir vers mai 2021.

L’Homme a toujours voulu se dépasser, aller plus loin, découvrir les ailleurs. La conquête spatiale est une aventure extraordinaire qui illustre bien ces besoins. Elle est aussi un révélateur de talents, un accoucheur de technologies innovantes pour répondre aux problèmes qu’elle doit résoudre.

Partir dans l’espace, c’est entrer les yeux ouverts dans les rêves les plus fous.

Pour marquer l’exploit du jour, Jacques Attali a écrit sur son compte Twitter : « L’humanité est à son meilleur quand elle se donne de grands projets déraisonnables, et qu’elle emploie les moyens de la raison pour les mener à bien. »

Il est à se demander pourquoi, nous, ici, en Haïti, sur la terre, dans la même année, nous nous évertuons à tourner en rond. Nous ne pouvons ni apprendre de nos erreurs passées, ni comprendre les expériences des autres, ni inventer de nouvelles solutions à nos vieux problèmes.

Frantz Duval
Auteur
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