Insécurité

Les cas de kidnapping ont augmenté de 200% ces 12 derniers mois, a révélé l’ONU

Publié le 2021-02-18 | Le Nouvelliste

Le kidnapping est devenu une industrie florissante en Haïti. Dans son dernier rapport en date du 11 février 2021 devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a révélé qu’au cours des 12 derniers mois, les enlèvements se sont multipliés de façon inquiétante jusqu’à atteindre 200 % par rapport à l’année précédente. Antonio Guterres a souligné que la Police natioale d'Haïti a effectué plusieurs interventions dans les bases des groupes armés et leurs activités ont été, certes, perturbées, mais ces bandes armées sont devenues plus actives...

« Au cours des 12 derniers mois, les enlèvements se sont multipliés de façon inquiétante, leur nombre ayant augmenté de 200 % par rapport à l’année précédente : 234 cas ont été signalés en 2020 (dont les enlèvements de 59 femmes et 37 mineurs), contre 78 en 2019 », a révélé le secrétaire général de l’ONU dans son rapport devant le Conseil de sécurité de l’ONU. «  Bien que les activités des groupes criminels armés aient été perturbées par les efforts de la police nationale et de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion, qui s’est employée à négocier une désescalade avec les bandes, 70 enlèvements ont été signalés entre septembre et décembre (dont les enlèvements de 13 femmes et de 6 mineurs) », a ajouté Antonio Guterres.

M. Guterres a souligné que la police nationale a suivi une approche plus énergique en décembre 2020 et en janvier 2021 face aux troubles à l’ordre public et a renforcé les mesures d’interdiction pour réduire la criminalité violente dans les zones où la présence de bandes est particulièrement forte, à commencer par le quartier du Village-de-Dieu à Port-au-Prince. « Avec le soutien logistique de l’unité du génie de l’armée haïtienne, des unités de police spécialisées ont mené une campagne pour pacifier la zone, ainsi que Martissant, qui se situe à proximité », a-t-il ajouté.

« Ces opérations ont permis de chasser les membres des bandes organisées, mais elles ont également entraîné la destruction d’immeubles résidentiels, dont le nombre n’a pas été divulgué. La police a mené une action du même type dans le quartier de Bel-Air à Port-au-Prince et la commune de Croix-des-Bouquets (département de l’Ouest), dans un contexte marqué par la violence entre bandes rivales. Leurs activités ayant été perturbées dans certains de leurs bastions de Port - au-Prince, les bandes sont devenues plus actives dans la périphérie de la zone métropolitaine et les départements voisins. C’est ce qui a été observé dans certaines parties du département de l’Artibonite où les bandes étaient à l’origine de nouvelles menaces pour la sécurité, que la police nationale s’employait à combattre », a dit constater Antonio Guterres.

Le secrétaire général de l’ONU a rappelé qu’en décembre dernier, le BINUH a participé à une réunion du groupe de travail, à laquelle celui-ci a approuvé un plan d’une enveloppe de 6.4 millions de dollars qui doit être mis en œuvre entre octobre 2020 et mars 2021.

Selon Antonio Guterres, « à ce jour, un certain montant avait été versé à des programmes « travail contre rémunération » et à des projets de formation professionnelle, d’assistance médicale mobile et d’aide financière à court terme à l’intention de groupes de population vulnérables dans 13 zones géographiques, y compris des zones de Port-au-Prince où les bandes sont fortement présentes. En outre, pour accélérer la mise en œuvre d’une approche globale de la réduction de la violence locale, le BINUH a fourni un soutien matériel et une assistance technique à la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réintégration », a-t-il expliqué.

Après une baisse apparente des cas de kidnapping due à la paralysie des activités dans l’aire métropolitaine à la suite des deux journées de grève les 1er et 2 février et les évènements qui ont suivi le 7 février dernier, les kidnappeurs ont repris du service. Ces dernières 72 heures, plus de cinq cas d’enlèvements ont été enregistrés à Port-au-Prince et dans les zones avoisinantes.   

Il faut souligner que la police nationale ne communique pratiquement pas sur le nombre de cas d’enlèvements enregistrés dans le pays.

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