Soraya Carmelle Yanick Louis, l’art de croquer la vie à pleines dents ! 

PUBLIÉ 2021-02-22
Elle, c’est Soraya Carmelle Yanick Louis. Miss Soy pour les milliers de followers qui la suivent sur les réseaux sociaux. Derrière cette it girl sexy qui fait tourner la tête aux hommes comme aux femmes se cache une jeune professionnelle intelligente, consciencieuse, déterminée à croquer la vie à pleines dents. 


Il ne sera pas dit qu’elle n’aura pas bien profité de sa jeunesse. Non, non, pas Soraya. Depuis cet instant où sa vie a failli basculer sous les décombres de sa maison lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, au cours duquel elle perd, son grand-père ainsi que sa meilleure amie, la jeune femme s’est promis de vivre. Vivre pleinement et intensément. “On a perdu tout ce que l’on avait. J’ai passé plus de six heures sous les décombres avant qu’on puisse creuser un petit trou et me faire sortir. Ma meilleure amie est morte à côté de moi. Mon grand-père aussi ainsi que d’autres personnes qui étaient dans la maison”, raconte-t-elle, visiblement remuée par ses souvenirs douloureux.

Pas étonnant qu’on ait l’impression qu’elle vive à mille à l’heure avec un emploi du temps chargé. Le sport le matin pour garder la forme, puis son 8 à 4. Les après-midi, on la retrouve à l’antenne de Télé Pacific où elle présente le journal du soir depuis décembre 2019. Madame est aussi correctrice pour Le National au sein duquel elle tient dans la colonne Culture une rubrique qui présente, tous les vendredis, des artistes en herbe. De temps à autre, il lui faut trouver un créneau pour enregistrer les épisodes de Ti Chèz Ba, ce podcast qu’elle a lancé avec ses amies les fameuses “Abèy” pour discuter sans gueule de bois de sujets divers et souvent tabous dans la société haïtienne. Mais ce tableau ne serait point complet si on n'y ajoutait pas les virées dans les party de la ville, les voyages et sorties, entre amies. Elle, c’est une viveuse, et elle assume. “Dans ma tête, la vie est courte. Nos jours sont comptés. Mois, je vis pleinement ma vie. Chaque jour. Et tous les moments. C’est ma philosophie. Mais cela ne veut pas dire que je n’aime que ça. Par exemple, j’aime beaucoup l’école. Ceux qui me connaissent peuvent en témoigner. Je pourrais encore passer 10 autres années à étudier. J’adore travailler. Bref, j’aime occuper mon temps avec des choses qui sont gratifiantes pour moi“, explique Soraya. 

En effet, le pedigree de l’ancienne élève des soeurs de Sainte-Rose de Lima de la douzième à la rhéto est très intéressant. Partie étudier dans le Connecticut aux États-Unis en 2009, la jeune femme est retournée au pays en 2014, avec en poche une licence en communication de masse, une licence en économie politique internationale et diplomatie et une maitrise en développement global et paix décernée par l’Univeristé de Bridgeport. Loin de se contenter de ces diplômes, elle se voit même retourner sur les bancs de l’université pour entamer un autre cursus universitaire. “Je veux vraiment étudier le droit. Je veux travailler en diplomatie internationale. Mais je suis une artiste. Je suis une pléthore d’ambiguités”, laisse-t-elle tomber, incapable un instant de trouver les mots justes pour s’exprimer. "J’aime l’art, je suis une sorte de hippie. Dans ma tête je veux sauver le monde”, avance-t-elle pour justifier ses choix. 

Une passionnée de danse 

Rien qu’à regarder sa posture assise, ses gestes souples, ses petits pieds que de belles sandales viennent mettent en valeur, on sent la classe et la finesse qui se dégagent d’elle. Mademoiselle est une danseuse.  “Je danse depuis mon tout jeune âge. Ca a toujours été une passion pour moi”, confie Soraya, qui a fait ses débuts chez Michèle Benjamin Charles. “Mais j’ai pris la danse vraiment au sérieux en 1999 quand j’ai commencé à l’école de Nicole Lumarque. Je suis ensuite passée au Ballet Folklorique d’Haïti en 2002. La danse m’a beaucoup appris. Elle m’a aidée à être disciplinée avec mon corps, avec moi-même, avec tout ce que j’entreprends, à jongler avec mon emploi du temps. Je voulais toujours danser, et mon professeur de danse ne nous laissait danser que si on avait de bonnes notes à l’école ; donc j’ai appris à vraiment me concentrer sur ce que je voulais”, explique celle qui fut capitaine d’une équipe de Step lorsqu’elle étudiait aux États-Unis. Mais dommage que les occasions de danser se raréfient. Si son dernier spectacle remonte à juillet 2018, beaucoup, néanmoins, se rappelleront l’avoir vue exécuter quelques pas lors de la performance en live de Izolan au cours de l’été 2020. “Ce n’était pas prévu, il y avait un trou dans le spectacle et l’on m’a dit "danse, puisque tu le fais si bien". Je ne me suis pas fait prier pour improviser une chorégraphie. C'est là que j’ai réalisé à quel point cela m’avait manqué”, confie Soraya, nostalgique.

Vivre la vie à pleines dents 

Humaniste, danseuse, écrivaine, nerd, voyageuse, amoureuse du carnaval, bikini addict, amoureuse de la vie, voilà, entre autres, une idée de la bio de son compte Instagram sur lequel elle cumule plus de quarante mille followers. Ses photos, qui pour la plupart récoltent des milliers de like, traduisent cette vision. Party girl invétérée, Miss Soy aime les plaisirs de la vie et ne s’en cache pas. Huit tattoos, treize piercings dont huit dans son oreille gauche, l’élégante Miss Soy est l’archétype même du “work hard, party even harder”. Une influencer qui garde les pieds sur terre et qui ne se prend pas la tête. « Influencer, c’est vraiment un terme qui sonne très étrange pour moi. Je me sens tellement normale, moi », dit-elle en souriant. N’empêche que (puisque visibilité attire souvent contrat de publicité), Miss Soy a signé un contrat avec une nouvelle compagnie de bijoux Gold Barr Jewelry dont elle porte les accessoires. Et ça ne risque sûrement pas d’être le dernier. 

Soraya adore tout ce qui a rapport à l’art. Elle aime la musique, la lecture... Dommage qu’elle ne sache pas chanter, soupire-t-elle. "L’Alchimiste: de Paulo Coelho est mon livre préféré de tous les temps. Je le lis chaque deux semaines !!! » Elle s’amourache aussi de poésie, particulièrement celle de Alexandra Elle “@alex_elle” sur Instagram « J’ai même ses mots tatoués sur moi », revèle-t-elle avec une candeur presque puérile.

« Réussir ! Être une femme accomplie. Avoir une carrière dont je suis fière. Étudier le droit. Inspirer les gens », lance Soraya, quand on l'interroge sur ses ambitions dans la vie. « Par ailleurs, ajoute-t-elle avec un brin d’émotion, je veux être mariée, c’est important pour moi. Parce que j’aime l’amour. Beaucoup. » C’est fou comment sous cette carapace de femme indépendante et libre dort une grande romantique. Cette jeune femme qui a été abusée a néanmoins choisi de croire à l’amour.

« J’ai été victime d’abus physiques, mais je ne parle pas beaucoup de cela... Mais je veux dire que cette épreuve m’a poussée à m’aimer beaucoup plus, à me valoriser davantage, et me motive tous les jours à ne pas me contenter de moins que ce que je mérite vraiment. J’ai survécu grâce au support de mon cercle rapproché, mes parents, ma famille, mes amies, mais aussi grâce à l’aide professionnelle que j’ai reçue. Et ma force de caractère aussi... » Aujourd’hui, s’il y a une cause que Soraya Louis embrasserait, ce serait bien celle-là : la défense de la femme en général. 

En attendant, l’ancienne animatrice de Caroussel partage volontiers ses leçons de sagesse. “Ou ka petèt pa konnen ki sa w vle fè, men fò w toujou konnen kisa ou pa vle nan lavi. Moi, je croque la vie à pleines dents tous les jours, mais je connais les limites en toutes choses. J’ai fait des erreurs desquelles j’ai tiré des leçons, je continue de travailler sur moi-même, essayant chaque jour de faire un peu plus que ce que j’ai fait hier. La vie est courte. Vivez votre vie pleinement !” "De grâce", nous supplierait-elle pour un peu... tant cela lui paraît fondamental. 



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