BRH/ note sur la politique monétaire

Les activités économiques en demi-teinte au premier trimestre de l’exercice fiscal

Publié le 2021-02-10 | Le Nouvelliste

La dégradation du climat des affaires en raison de l’insécurité et la baisse des récoltes d’automne ont provoqué un ralentissement des activités économiques au cours du premier trimestre de l’exercice fiscal 2021, révèle la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans sa note sur la politique monétaire pour la période mentionnée, publiée le week-end écoulé. Il y a une relative amélioration observée, selon la note, à la fin dudit trimestre grâce à l’augmentation du flux de visiteurs, des transferts privés et l’ouverture des frontières avec la République dominicaine.

Quant aux indicateurs économiques présentés dans cette note, la banque centrale souligne des hausses de l’inflation de 0,5% et 1% en novembre et décembre respectivement après avoir connu une baisse de -1,2 en octobre. En glissement annuel, l’inflation est passée à 19,2 % en décembre, soit une baisse de 6 points de pourcentage par rapport au trimestre précédent. « L’évolution du taux de change a été déterminante dans l’évolution des prix durant le trimestre. En effet, la forte baisse du cours du dollar en septembre et octobre, suivie d’une remontée à partir de novembre a été accompagnée de mouvements relativement similaires au niveau des prix », lit-on dans la note.  

Chiffrés à 523,53 millions de dollars américains, durant les mois d’octobre et de novembre, les transferts sans contrepartie ont chuté de 13,67% par rapport aux deux premiers mois du trimestre précédent. Toutefois, ces transferts sont en hausse de 44,09% par rapport à la même période de 2019. Dans la note, la BRH précise qu’il s’agit des transferts effectués à partir des canaux officiels. Concernant le change, elle indique que la gourde a pu afficher un deuxième trimestre consécutif d’appréciation, suite à une baisse de la moyenne mensuelle du taux de change de référence de 17,96%. Dans cette même note, la BRH fait mention dans un autre paragraphe de l’évolution du taux de change et de son impact sur le niveau des prix.

 Au cours du trimestre en question, les importations ont connu une progression de 40% en glissement annuel par rapport au premier trimestre 2020. L’appréciation de la gourde et l’accroissement des dépenses publiques sont à la base de l’augmentation des importations, souligne la BRH. Par contre, les exportations ne font que stagner durant le premier trimestre 2021.  « Le « peyi lòk » avait affecté les activités dans le secteur de la sous-traitance au premier trimestre de 2020 ; la reprise observée au cours du 1er trimestre de l’exercice 2021, n’a permis de retrouver que le niveau observé à la même période de l’année fiscale précédente. Ce comportement des exportations témoigne d’une rupture de la dynamique de croissance les ayant caractérisées entre 2017 et 2019 où il y a toujours eu une progression en glissement annuel au cours du premeier trimestre de l’exercice fiscal avec un taux moyen de 13% », précise la note.

En ce qui a trait aux finances publiques, la BRH présente des chiffres portant sur les recettes et les dépenses publiques jusqu’au 30 décembre 2020.  « Les taxes et impôts collectés ont connu une variation trimestrielle de 4,39 % en passant de 23 912,82 milliards de gourdes à 24 963,44 milliards de gourdes.  Les dépenses fiscales, de leur côté, ont totalisé 75 599.41 milliards de gourdes contre 56 628,02 milliards de gourdes », révèle la banque centrale.

« Les recettes fiscales réalisées au cours du premier trimestre de l’exercice, quoiqu’en hausse de 27,24 % par rapport à la même période de l’exercice passé, ont représenté 45,75 % des ressources totales de l’État chiffrées à 54 767,74 gourdes. Ces dernières n’ont pas pu couvrir les décaissements totaux de 76 333,66 milliards de gourdes dont 47 953,67 milliards de gourdes de dépenses budgétaires au cours du premier trimestre », poursuit la banque centrale. Le financement monétaire se chiffrait à 20 673,01 milliards de gourdes, lit-on dans la note, un montant qui reste en-dessous des 39 308, 90 milliards de gourdes prévues dans le cadre du pacte de gouvernance et financière signé entre le ministère de l’Économie et des Finances et la BRH.  

Pour alimenter l’offre de devises sur une base régulière, la BRH dit avoir procédé à des interventions sur le marché des changes à travers des ventes qui ont, en termes nets, totalisé 10,63 millions de dollars. Elle a épongé des liquidités excédentaires de l’ordre de 757 millions de gourdes. À l’aide des bons BRH, dont l’encours était nul à la fin du quatrième trimestre 2020, les autorités ont fait savoir avoir pu stériliser 2,2 milliards de gourdes sans changer les taux d’intérêt sur ces titres par rapport à leurs niveaux de mars 2020 à 4 %, 6 % et 10 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement.

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