L’arrestation du juge Yvickel Dabrésil est une attaque contre la Cour de cassation, dénonce la juge Wendelle Coq

Publié le 2021-02-09 | Le Nouvelliste

Le juge Yvickel Dabrésil a passé sa première nuit en détention. Lors du dernier contact du juge Ikenson Edumé du Réseau national des magistrats haïtiens (RENAMAH) avec le juge de la Cour de cassation dimanche soir, il était en garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Pour la juge Wendell Coq, membre de la Cour de cassation, cette arrestation est illégale, arbitraire et constitue une attaque du gouvernement contre la Cour de cassation.

Le gouvernement accuse le juge Yvickel Dabrésil d’avoir participé à un complot pour organiser un coup d’État. Jovenel Moïse, lui, évoque un complot pour l’assassiner. Dans le cadre de cette affaire, 23 personnes ont été appréhendées, dont un juge de la Cour de cassation pressenti pour remplacer Monsieur Moïse.

« C’est une arrestation illégale, arbitraire, politique... Il s’agit d’un juge de la Cour de cassation en fonction. Il jouit d’immunité. Il devrait d’abord comparaitre par-devant la Haute Cour de justice pour le destituer. On ne peut pas emprisonner un juge de la Cour de cassation », a dénoncé la juge Wendell Coq, qui reconnait qu’on ne peut pas former actuellement la Haute Cour de justice.

Dans une interview accordée le lundi 8 février au Nouvelliste, la juge Coq a souligné qu’elle n’intervenait pas sur le fond du sujet ni sur ce dont le gouvernement reproche au juge. « Mais sur la forme, c’est contraire à la loi. C’est une attaque contre la Cour », a-t-elle dénoncé.

De son côté, dans une note de presse publiée lundi, le président de la Cour de cassation a rappelé qu’il a « toujours fait savoir, à qui veut l’entendre, que les juges ont pour obligation de se démarquer de la politique. En effet, le président prend acte de l’arrestation du magistrat Yvickel D. Dabrésil, exige des autorités policières qu'elles le traitent avec tout le respect dû à son rang et demande aux magistrats de garder leur sang froid », a exhorté Me René Sylvestre, président de la Cour de cassation.

Le Premier ministre Joseph Jouthe, chef du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), interrogé par Le Nouvelliste dimanche 7 février, a confié que la police et la justice ont « procédé à l’interpellation de 23 personnes», dont le juge à la Cour de cassation Yvickel Dabrésil, l’inspectrice générale de la PNH Marie Louise Gauthier. 

« Il y a 23 interpellations, des pièces à conviction, de  l’argent, des téléphones, le discours du nouveau président provisoire », a expliqué Joseph Jouthe. 

« Yvickel Dabrésil, c’est lui le président provisoire (…) Ils allaient faire un coup d’État. Ils avaient déjà toutes les armes. Ils planifiaient d’installer un gouvernement aujourd’hui, selon les informations que j’ai obtenues », a affirmé le Premier ministre Joseph Jouthe.

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