Arrestation du juge Yvickel Dabrésil qui devait être installé comme président provisoire

Haïti renoue le 7 février 2021 avec les vagues d’arrestations pour cause politique. Alors que le Premier ministre Joseph Jouthe parle de complot pour organiser un coup d’État, le président Jovenel Moïse évoque un complot pour l’assassiner. Pour le moment, 23 personnes sont en prison, dont un juge de la Cour de cassation pressenti pour remplacer le président Moïse.

Publié le 2021-02-09 | Le Nouvelliste

Le président Jovenel Moïse a dévoilé dimanche 7 février l’existence d’un complot visant à l’assassiner et a félicité le responsable de la sécurité du palais national qui a fait « avorter » l’action d’une vingtaine de personnes « dont le rêve était de porter atteinte à (sa) vie ». Le président Jovenel Moïse a fait ses révélations sur le tarmac de l’aéroport international Toussaint Louverture avant de se rendre à Jacmel pour participer au carnaval, dimanche 7 février 2021.

Le président Moïse a instruit le Premier ministre Joseph Jouthe d’expliquer tout ce qui s’était passé dans les détails. Il a aussi instruit le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Léon Charles, de demander des informations au palais national sur ce qui s’était passé.

« Il est important pour le palais (national) de vous donner les informations sur tout ce qui est fait depuis le mois de novembre jusqu’à aujourd’hui », a indiqué Jovenel Moïse en s’adressant au DG de la PNH, soulignant que cette vingtaine d’individus a « un seul rêve, celui de diriger le pays sans vous, le peuple ».

Le Premier ministre Joseph Jouthe, chef du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), interrogé par Le Nouvelliste le dimanche 7 février, a confié que la police et la justice avant « procédé à l’interpellation de 23 personnes»,  dont le juge à la Cour de cassation Yvickel Dabrésil, l’inspectrice générale de la PNH, Marie Louise Gauthier. 

« Il y a eu 23 interpellations, des pièces à conviction, de  l’argent, des téléphones, le discours du nouveau président provisoire », a expliqué Joseph Jouthe. 

« Yvickel Dabrésil, c’est lui qui devait être le président provisoire (…) Ils allaient faire un coup d’État,  avaient déjà toutes les armes. Ils planifiaient d’installer un gouvernement aujourd’hui, selon les informations que j’ai obtenues », a affirmé le Premier ministre Joseph Jouthe.

« Je ne sais pas combien d’armes ont été saisies. J’ai vu quelques photos », a indiqué le Premier ministre, interrogé sur le nombre d’armes saisies. Le chef du gouvernement, qui a répondu aux questions du journal alors qu’il revenait de Jacmel par voie terrestre, a indiqué qu’il disposerait de plus d’informations au cours de la journée après une réunion avec tous les responsables de la police et le ministre de la Justice. 

Interrogé sur l’intervention chez l’ex-maire de Port-au-Prince Youri Chevry, Joseph Jouthe a indiqué qu’il ne savait pas si cette descente est survenue dans le même cadre. « Je ne sais pas si c’est dans le même cadre qu’une intervention a été effectuée chez Youri Chevry. J’essaie de réunir les pièces du puzzle. Il y a des éléments qui me manquent, c’est pour cela que je vais faire une réunion d'urgence pour avoir des informations », a-t-il dit. 

Sur des photos largement partagées sur les réseaux sociaux, on peut voir deux fusils automatiques et deux fusils à pompe calibre 12, une machette, de l’argent. Sur les photos, on voit également l’ex-candidate à la présidence, le Dr Marie-Louise Gauthier, et d’autres personnes interpellées étendues à même le sol, sous la garde de policiers de l’Unité de sécurité générale du Palais national USGPN).

Il y a quelques jours, le leader de Pitit Dessalines, Moïse Jean Charles, en conférence de presse, avait indiqué que trois juges, dont le juge Dabrésil, étaient sur le short list pour devenir président provisoire, selon les vœux de l’opposition à la fin du mandat de Jovenel Moïse le 7 février 2021.

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