Première édition

Lafortune Felix et son œuvre au Printemps de l’art

Publié le 2021-01-29 | lenouvelliste.com

Dans son documentaire « Lafortune Félix, le dernier des grands peintres de l’Artibonite », visionné à la salle de projection de l’Institut français en Haïti (IFH), le mercredi  27 janvier 2021,  le cinéaste haïtien Arnold Antonin immortalise cet artiste. Il retrace la vie et l’œuvre de ce peintre ancré dans la culture haïtienne. L’œuvre de Lafortune Félix est consacrée exclusivement au vodou. Sur les toiles présentées le public découvre les sujets suivants : manje marasa, Vèvè, cérémonies, loas, initiés. Ces thèmes absorbaient sa vie de peintre.

Né à Pont sondé (département de l’Artibonite d’Haïti) en 1933, Lafortune Felix était à la fois agriculteur, hougan et peintre. Pendant une grande partie de sa vie, il était resté dans l’ombre. Ce peintre dont l’œuvre meuble les grands musées d’art du monde ignorait avant le génie qui se trouvait en lui jusqu’au jour où Pierre Monosiet, l’un des fondateurs du Centre d’art,  l’a découvert et l'a fait connaitre au grand public.

Lafortune Felix s’est nourri du vodou pour s’inventer un univers unique. C’est comme s’il faisait de la peinture le prolongement de sa religion ; tellement le vodou est présent dans ses toiles.

Ce film permet au spectateur d’entrer dans son intimité, de partager la joie qu’il trouve aux côtés de ses proches à Saint-Marc et vivre sa pratique du vodou. Le public admire encore les fresques recouvrant  les murs de son péristyle qu’il a peint lui-même. Le regardeur est fortement touché par cette peinture  qui participe au culte des loas qu’il servait.

L’art de Lafortune suscite l’admiration et l’émotion de beaucoup d’amants d’art et collectionneurs haïtiens et étrangers. Certains qui l’ont côtoyé de son vivant  gardent de bons souvenirs de l’artiste et de son œuvre : Selden Rodman, Marie-Alice Théard, Michel Philippe Lerebours. Dans ce documentaire hommage, le critique d’art et collectionneur haïtien Michel P. Lerebours, s’est aussi confié sur cet artiste qui ressemble beaucoup, selon lui, à Hector Hypollite qui puisait, lui aussi, son inspiration dans le vodou.

Ce documentaire d’Arnold Antonin est un coup de cœur. Ce film permet de (re) découvrir ce grand peintre. Dans le cadre du festival « Haïti, le Printemps de l’art », ce film est un bon prétexte pour saluer la mémoire de cette grande figure de la peinture haïtienne. Un recadrage indispensable. Son œuvre projetée à l’écran plonge le spectateur dans la source des divinités vodou. Ce ne sont pas des choses faciles à voir dans les peintures.



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