Pouvoirs et oppositions, comme l’orchestre sur le Titanic

Publié le 2021-01-26 | Le Nouvelliste

Le président Jovenel Moïse a lancé le bal lundi en s’offrant un live sur Facebook pour parler à ses suiveurs. Entre un commentaire sur le kidnapping, un autre sur les prochaines élections ou sur sa disponibilité pour négocier avec l’opposition, le chef de l’État a surtout dérouler son vaste plan d’électrification du pays.

Rien de nouveau pour les observateurs attentifs aux prises de parole du président, mais n’était-ce pas une façon de souligner la stabilité de son mandat? Les derniers changements au niveau du cabinet ministériel et de la justice envoient le même message: la machine est tenue, la conduite des affaires publiques continue.

Dans le même temps de cette dernière semaine de janvier, les différents courants de l’opposition ont pris le chemin de la presse pour présenter leurs plans et leurs projets pour la transition. Toujours sans annoncer un front unitaire, les chefs de file jouent des coudes pour être au devant de la procession qui souhaite accompagner le pouvoir Tèt kale hors du pouvoir. Épine dans le pied du président, l’opposition ne veut pas qu’on l’oublie ni qu’on l’ignore.

Comme pour le président, les observateurs n’ont pas relevé d’avancées significatives dans les annonces faites. Il y a encore aujourd’hui un pouvoir et des oppositions qui n’arrivent ni à se parler ni à se départager.

Cherchant à se frayer un chemin entre les protagonistes, le président de ce qui reste du Sénat de la République, le sénateur Joseph Lambert, annonce un ambitieux programme de rencontres ici et à l’étranger. Lambert cherche-t-il à refaire le coup de Jocelerme Privert, président du Sénat à la fin du mandat du président Michel Martelly, qui avait réussi à écrire le plan d’une sortie de crise ordonnée? Ou Lambert cherche-t-il simplement à vendre le plus cher possible la peau du Sénat, institution que le projet de constitution de Jovenel Moïse a déjà jetée aux oubliettes ?

L’exécutif, les oppositions et le président du dernier corps disposant d’élus s’agitent pendant que la population s’interroge sur son avenir... à chaque seconde.

Sur le Titanic, l’orchestre avait joué jusqu’au sauve-qui-peut final.

Frantz Duval
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