Insécurité

Jovenel Moïse appelle la population à la collaboration pour combattre le kidnapping

Publié le 2021-01-25 | Le Nouvelliste

Les cas de kidnapping se multiplient dans le pays. Ces derniers jours, les kidnappeurs s’attaquent aux écoliers. Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait dans la capitale au moins un cas d’enlèvement. Les forces de l’ordre semblent dépassées par la situation. C’est dans ce contexte que le président de la République, dans une adresse à la nation lundi, a appelé la population à collaborer pour combattre le kidnapping.  

Dans cette intervention sur sa page Facebook, le président Jovenel Moïse a souligné qu’étant président de la République, il n’est pas placé pour dire que le phénomène du kidnapping est un outil politique utilisé par certains groupes. « Mais je dis comme responsable de l’État, nous devons apporter une réponse proportionnelle au kidnapping. Il n’est pas possible que le kidnapping qui avant touchait des adultes, ensuite des jeunes, touche maintenant des enfants. Il y a un problème et je pense que nous devons faire des analyses profondes sur ce qui se passe », a avancé le chef de l’État.

Selon le chef de l'Etat, les kidnappeurs ont des raisons qui les poussent à kidnapper des gens. « Et c’est pourquoi au niveau de la police nationale et du gouvernement, nous avons un task force qui travaille sans relâche afin de découvrir la vraie source du problème », a-t-il dit.

Pour illustrer sa tentative d’explication, Jovenel Moïse a pris en exemple le dernier kidnapping spectaculaire de ce lundi 25 janvier dans la commune de Carrefour où un élève en 4e année fondamentale de l’Ensemble scolaire Père Bazile Moreau a été enlevé à Bizoton alors que sa mère l’emmenait à l’école.

« Il y a l’auteur physique qui a fait le kidnapping, mais il y a aussi l’auteur intellectuel, c’est-à-dire ceux qui créent cette psychose chez la population pour faire croire qu’Haïti est un pays invivable. Ce n’est pas vrai… », a tancé le président.

« Mwen vin la jodi a pou nou, nou menm nan Leta a, nou pap kanpe gade. La police est à pied d’œuvre. Un système est mis en place pour sécuriser la population. Mais les choses ne sont pas faciles. C’est mieux quand on a la collaboration de la population», a admis Jovenel Moïse.

Le président a appelé à la collaboration de la population pour combattre le kidnapping, en hausse dans le pays. « Je demande à chaque Haïtien, ce n’est pas une histoire de ‘’zafè kabrit pa zafè mouton, zafè poul pa zafè kodenn non’’, non. Le problème nous concerne tous. Aujourd’hui, je suis le président, mais dans 12 mois et quelques jours je serai un simple citoyen comme vous », a-t-il dit.

« Je n’ai pas peur des responsabilités, mais j’ai besoin de l’accompagnement de la population. Maintenant on a besoin de la police-population, un mariage entre la police et la population qui nous permettra de stopper les vagabonds à cravates (les auteurs intellectuels du kidnapping) et les vagabonds à ''sapat'' », a avancé le président.

« Sispann rete gade, paske nan rete gade pita ka pi tris », a mis en garde le chef de l’État. Il estime que le phénomène de kidnapping est arrivé au pays subitement. « D’où vient le kidnapping ? Le kidnapping était pratiquement à zéro dans le pays », a-t-il dit.  

Selon le chef de l'État, le kidnapping est apparu dans le pays à partir de janvier 2020 et est maintenant devenu un fléau pour le peuple.

Sans donner de chiffres, Jovenel Moïse compare les rapports de 2017, 2018, 2019 et 2020 de la DCPJ sur les enlèvements dans le pays et estime que la situation s’est aggravée en 2020. « Nous n’allons pas baisser les bras, nous n’allons pas fuir nos responsabilités. C’est notre charge de vous protéger, de mettre l’État à votre disposition. Je suis le président de tous les Haïtiens… », a-t-il rappelé.

« …on doit apporter une solution à cette situation », a insisté le président. « Parce que nous ne restons pas les bras croisés, nous allons trouver la solution », a promis Jovenel Moïse.

De janvier 2020 à aujourd’hui, comme l’a souligné le président, les autorités sont impuissantes face à la multiplication des actes de kidnapping dans le pays. Un an après, personne n’est encore en mesure de donner des chiffres plus ou moins précis sur le nombre de cas enregistrés à Port-au-Prince et dans les villes de province.

En revanche, certaines victimes ont rapporté avoir été enlevées par des gens habillés avec des uniformes de la police nationale. Les principaux lieux de séquestration sont connus…Dans une intervention le lundi 25 janvier, le président a omis de souligner comment la population devait collaborer avec la police pour combattre le kidnapping.

Ses derniers articles

Réagir à cet article