Rareté des produits pétroliers, le ministre de l’Économie et des Finances fait le point

Publié le 2021-01-13 | Le Nouvelliste

Michel Patrick Boisvert, ministre de l’Économie et des Finances, a été interrogé sur le marché des produits pétroliers ce mercredi alors qu’il intervenait à la matinale de Magik9. Ce marché, contrôlé par l’Etat haïtien depuis mai 2020, a connu plusieurs épisodes de rareté dans les stations d'essence dont les deux plus récentes ont eu lieu fin décembre 2020 et en cette deuxième semaine de janvier 2021. De longues files de véhicules et de motocyclettes ont été observées dans plusieurs stations d’essence de la région métropolitaine dans la soirée du mercredi 13 janvier. 

De l’avis de Michel Patrick Boisvert, plusieurs raisons peuvent expliquer ce qu’il appelle un surchauffe. « Notre niveau de stockage ne va pas au-delà de 15 à 20 jours d’alimentation. De plus, les profondeurs des ports ne leur permettent pas de recevoir des bateaux de fort tonnage », a fait savoir le ministre. À cela s’ajoute, poursuit-il, la fin du contrat entre l’Etat haïtien et Preble-Rish. « Vu les difficultés que nous avons observées lors de l’exécution de ce contrat, nous avons pris des dispositions pour que le prochain appel d’offres prenne en compte les lois en vigueur en Haïti. Le document sera soumis au CNMP avant que l’Etat s’engage dans un contrat de fourniture des produits pétroliers. Il y aura l’émission d’une lettre de crédit pour le paiement des factures des produits pétroliers », a-t-il assuré. 

Si le ministre a évoqué les raisons de cette rareté, il demeure entendu que la situation était différente lors de la libéralisation du marché du carburant. Le marché était alimenté durant 7 à 8 mois sans interruption. Les pénuries n’étaient pas si fréquentes. Avec la reprise du contrôle du marché par l’Etat, les commandes se font cargaison par cargaison. Des sources révèlent que le taux de change dans la structure des prix ne correspond pas à la réalité du marché des changes. Ce qui ne leur profite pas. Le ministre Boisvert ne croit pas que la pénurie est due à un problème financier. « L’Etat haïtien avait mis fin au programme de subvention des produits pétroliers évalués à plus de 2 milliards de gourdes par mois. Avec Preble-Rish, nous avions prévu une meilleure prévisibilité. Il était question d’une lettre de crédit. Avec le fournisseur, on n’a pas pu s’entendre sur la banque correspondante de la BRH. On s’était retrouvé dans la situation de réaliser des pré-paiements pour les cargaisons qui arrivaient », a-t-il révélé. 

Le ministre de l’Économie et des Finances a assuré qu’il n’existe aucune difficulté pour l’Etat haïtien d’obtenir des lettres de crédit, notamment aux États-Unis. « Pour l’émission des lettres de crédit, nous sommes des donneurs d’ordre. C’est la banque centrale qui les émet. Au moment où je vous parle, je sais que des lettres ont été émises et que d’autres seront émises incessamment. Ce qui va garantir des opérations de l’Etat avec des fournisseurs », a fait savoir le ministre. Michel Patrick Boisvert a démenti les rumeurs selon lesquelles les lettres de crédit émises en Haïti ne sont plus crédibles pour les banques étrangères, notamment américaines, après la résiliation par l’exécutif du contrat liant l’Etat haïtien à la firme de production d’énergie électrique SOGENER. 

« On ne peut pas parler de perte de crédibilité. La banque centrale est la caissière de l’Etat. C’est elle qui se charge de l’émission des lettres de crédit. Si elle n’arrive pas à le faire avec une banque quelconque, elle le fera avec une autre. Elle se doit de trouver des banques correspondantes, comme c’est le cas présentement », a-t-il souligné. 

Ses derniers articles

Réagir à cet article