Dr Paul Farmer : « Il est obligatoire de changer la manière de financer la santé en Haïti »

Publié le 2021-01-13 | Le Nouvelliste

« Si nous voulons résoudre les problèmes récurrents du secteur sanitaire en Haïti, nous devons obligatoirement changer la manière d’investir dans le système santé », a affirmé Paul Farmer, médecin, anthropologue et infectiologue lors de la 4e édition de l’émission les Grands rendez-vous économiques du Group Croissance, diffusée sur radio et télé Métropole. Le cofondateur et stratège en chef de Partners in Health (PIH), dit Zanmi Lasante, une organisation internationale à but non lucratif, a adressé ce message non seulement au secteur public, mais aussi aux organisations non gouvernementales (ONG), aux églises et au secteur privé des affaires.

Pour faire comprendre la nécessité d’investir autrement dans la santé dans le pays, le Dr Paul Farmer invite les investisseurs publics et privés à se poser cette question : « La santé est-elle un bien public ? » Si la réponse est positive, le Dr Paul Farmer encourage les acteurs à rebattre les cartes. « Quel système de santé pour Haïti ? Existe-t-il un plan pour profiter de la crise Covid-19 afin de renforcer le système sanitaire ?  La santé constitue, sans discussion aucune, un bien public. Il faut repenser le système de santé au cours de la période de Covid-19 », a soutenu Paul Farmer qui, à travers son organisation Zanmi Lasante depuis 1987, fournit des services de santé directs et entreprend des activités de recherche et de plaidoyer au nom des personnes malades et vivant dans la pauvreté.

En ce qui a trait aux dépenses réalisées dans le domaine de la santé, Paul Farmer a fait une comparaison entre Rwanda et Haïti. « Le Rwanda ne dispose pas de la moitié des ressources financières et humaines dont dispose Haïti. Pourtant il dépense beaucoup plus en santé que Haïti. Ses dépenses en santé sont assurées par le Trésor public et représentent trois fois plus les dépenses d’Haïti en santé », regrette le Dr Paul Farmer. « Les ménages couvrent eux-mêmes 70% de leurs dépenses en santé. Ils paient beaucoup pour des services, des soins de santé de mauvaise qualité que ce soit dans les hôpitaux publics que les dans hôpitaux privés », a-t- il ajouté.

 Sur ce point, l’économiste Kesner Pharel a fait remarquer que l’État apporte seulement 10 gourdes dans le cadre du budget sur chaque fois qu’il y a 100 gourdes dépensées dans le secteur de la santé. « À cause de la Covid-19, l’Etat avait alloué au secteur de la santé 20 milliards de gourdes dans le budget 2019-2020 adopté en Conseil des ministres au début du mois de juin 2019. Alors que les risques liés à la Covid-19 sont encore là, il a réduit les allocations budgétaires de la santé à 10 milliards de gourdes », a déploré l’économiste, soulignant que nous attendons l’international pour avoir plus de 60% des financements orientés vers la santé.

Plus loin, le patron du Group Croissance a fait savoir que Haïti dépense moins de 150 dollars par habitant pour la santé pourtant les autres pays de la région dépassent 1 000 dollars. Kesner Pharel croit qu’il faut réduire les dépenses par rapport au financement international dans le secteur de la santé.   

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