Catastrophes naturelles

Il faut des mesures susceptibles de réduire notre vulnérabilité, plaide Claude Prépetit

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste

Onze ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, le géologue Claude Prépetit estime que le pays dispose d'une plus grande connaissance  de ses failles sismiques. Plusieurs études menées par des organisations internationales, dont le PNUD, ont révélé l’existence d’une multitude de failles secondaires qui étaient jusque-là inconnues. Ces études ont été conduites au sud de la plaine du Cul-de-Sac, dans le département  de la Grand’Anse et  le Nord’Ouest entre autres. « Plusieurs failles secondaires mises en évidence au sud de la plaine du Cul-de-Sac sont aussi dangereuses que les failles majeures », confie l’ingénieur géologue Claude Prépetit.  Ces études ont non seulement révélé  l’existence de plusieurs failles secondaires, mais elles mettent aussi l’accent  sur leur potentiel sismique et les risques qu’elles provoquent des tremblements de terre, selon le spécialiste.

Le responsable du Bureau des mines et de l'énergie estime que le pays dispose aujourd’hui de plus de professionnels dans le domaine de la sismologie. « Les gens sont mieux informés. Le pays est plus outillé », soutient Claude Prépetit avant de préciser que pour l’année 2020, près de 500 secousses de magnitudes mineures et légères, c'est-à-dire variant entre 1 et 4.9 sur l’échelle de Richter, ont été enregistrées en Haïti. Claude Prépetit  fait savoir que 80% des secousses ont été enregistrées  dans les départements du Nord’Ouest, du Sud’Est et de l’Ouest. Il souligne que chaque mois 42 petites secousses sont recensées en moyenne.  

Si le pays est mieux informé et plus apte à identifier  les sources sismiques, il reste quand même très vulnérable, s'inquiète le géologue Claude Prépetit. «Nous sommes certes plus outillés mais il n’empêche que notre vulnérabilité reste élevée », déclare le numéro un du Bureau des mines et de l’énergie. Selon lui, il ne suffit pas de commémorer ni de parler du tremblement de terre chaque 12 janvier, il faut adopter des mesures susceptibles de  réduire notre vulnérabilité. Si ces mesures ne sont pas prises, on continuera à être victime, prévient-il. Il regrette que des études en vue d’identifier les failles secondaires aient été conduites dans très peu de départements.  Sur les 27 750 kilomètres carrés, seuls 200 ont été l’objet de microzonage sismique, ce qui représente environ 0.7% du territoire, fait remarquer Claude Prépetit. « Si l'on ne connait pas les failles qui existent, on peut faire face à des surprises énormes», met en garde le spécialiste, qui souhaite qu’il y ait plus de moyens en vue d’étendre les études.   

Claude Prépetit déplore que les codes de construction ne soient pas appliqués de manière systématique. «  Il y a de bonnes constructions mais on ne peut dire que c’est généralisé et qu’il y ait dans tous les départements géographiques du pays des maçons formés et des autorités capables de faire respecter les normes établies au niveau des mairies », signale M. Prépetit. Selon lui, il y a très peu de gens qui suivent les instructions des maires et les recommandations contenues dans les codes de construction. Si nous voulons réduire notre vulnérabilité, il faut renforcer les mairies, leur donner les moyens nécessaires, renforcer l’autorité de l’Etat, conseille-t-il.  

Plus de 100 000 maisons ont été complètement détruites, et presque 190 000 autres ont gravement été endommagées lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, selon des chiffres  du PNUD.  

Danio Darius Auteur

Réagir à cet article