Le secteur de la pêche et de l’aquaculture scruté par Jean-Robert Badio

Haïti dispose de 23 000 hectares de plan d’eau naturel et de 1735 kilomètres de côte, si l’on tient compte des îles adjacentes. Ainsi, il y a assez d’espaces pour pratiquer la pêche et professer la culture du poisson et d’autres produits de mer. De l’avis du directeur de la pêche et de l’aquaculture du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural  (MARNDR), on est très loin du compte. Plus de 33 millions de dollars de poissons et d’autres produits de mer, déplore Jean-Robert Badio, sont importés annuellement en Haïti.  

Publié le 2021-01-11 | Le Nouvelliste

La pêche maritime est très répandue en Haïti. Selon les statistiques du ministère de l’Agriculture, l’on dénombre environ 52. 000 pêcheurs dans le pays pour une production annuelle située autour de 16. 200 tonnes de poissons. Bien qu’il s’agisse d’une île détenant la deuxième plus longue côte de la Caraïbe, il n’empêche que les importations à ce niveau soient considérables. Les chiffres officiels font état de 21 000 tonnes de poissons importés pour une somme situant autour de 33 millions de dollars américains annuellement. Ce qui pourrait être inversé, de l’avis de plusieurs spécialistes du domaine si le secteur privé y investissait et si l’on mettait en valeur nos lacs et nos étangs naturels et collinaires.

Le potentiel est là. En plus des plans d’eau naturels, le pays compte 56 lacs collinaires. Le plus grand à ce niveau dans la Caraïbe demeure le lac collinaire de Savane-Diane qui couvre une superficie de 14. 000 hectares. C’est une richesse inexploitée. Selon M. Badio, rien que 3% de ces plans d’eau sont exploités dans la production de poissons.

En effet, l’aquaculture peine à se développer en Haïti. Pourtant, selon Jean-Robert Badio, directeur de la pêche et responsable d'aquaculture au ministère de l’Agriculture, l’aquaculture c’est l’avenir de la pêche mondiale. À l'entendre, la pêche maritime ne peut pas satisfaire à elle seule la demande en croissance constante.

Tandis que, a fait savoir le responsable, le ministère de l’Agriculture multiplie les efforts pour encourager l’élevage de poisson en cage libre  ou dans les bassins. Dans les lacs, a-t-il, il n’est pas obligatoire d’avoir de grands capitaux pour s’y aventurer. Le ministère est prêt à  accompagner ce secteur qu’il qualifie de très porteur.

À titre d’exemple, le technicien parle de la mise en place de plusieurs centres de production d’alevins dans le pays. «  Nous disposons des centres de production massive d’alevins dans cinq départements géographiques du pays », confie Jean-Robert Badio. Pour l’instant, a-t-il ajouté, le ministère travaille sur un plan afin qu’il y ait des infrastructures pareilles dans tous les départements. Pour y parvenir, Badio croit que l’apport du secteur privé est indispensable.  

Le ministère, a-t-il soutenu, est prêt à encadrer les aquaculteurs. Des modules de formation sont déjà développés. Ce qui explique que le problème de ressources humaines qualifiées dans ce domaine ne se pose pas. « Le pays a tout le potentiel nécessaire pour être autosuffisant dans la production de poissons, on peut même essayer de prendre une part active dans l’exportation de poissons comme c’est le cas dans certains fruits de mer », a signalé le directeur.

Car, malgré les faibles moyens dont disposent les pêcheurs, ils arrivent tant bien que mal à tirer leur épingle du jeu. Ils sont présents sur les dispositifs de concentration de poissons (DCP), sur les côtes,  dans les bouchures, dans les lacs et dans les rivières. L’aquaculture en cage est en train d’être expérimentée et les premiers résultats sont plutôt prometteurs. Le directeur de la pêche et aquaculture du ministère de l’Agriculture parle d’une exportation de langoustes et d’anguilles avoisinant respectivement 150 tonnes et 6.5 tonnes annuellement. « Avec un peu plus d’encadrement, la pêche pourrait s’imposer comme l’une des principales sources de devises du pays », a-t-il conclu.

Jose Flecher
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