L’Agence des Nations unies pour les réfugiés rend hommage au feu bâtonnier Me Monferrier Dorval

Publié le 2020-12-10 | Le Nouvelliste

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a honoré la mémoire de Me Monferrier Dorval. Cet hommage appuyé s’inscrit dans le contexte de la célébration mondiale de la Journée des droits de l’homme ce jeudi 10 décembre. Le HCR désigne le bâtonnier assassiné le 28 août dernier comme « une lumière resplendissante dans le domaine des droits humains internationaux et le droit constitutionnel qui a perdu sa vie dans le combat pour les droits humains ». 

« Il est présenté par ses collègues comme un penseur de principe, humble et indépendant. Monferrier Dorval était un avocat haïtien exemplaire et bâtonnier du barreau de Port-au-Prince en Haïti. Il s’était engagé au renforcement de la démocratie et de l’État de droit en Haïti et son assassinat constitue une attaque contre ses valeurs fondamentales. Outre les nombreuses distinctions et réalisations qu’il avait à son actif, son plus grand héritage est d’être un champion des droits humains pour les Haïtiens, et particulièrement pour les personnes apatrides et celles à risque d’apatridie », a fait savoir le HCR. 

Des responsables locaux et régionaux du HCR ont déploré l’assassinat du bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince. « Nous sommes attristés par la mort subite et violente de Me Monferrier Dorval », a déclaré Junior Remy Mauvais, le chargé de liaison du HCR auprès du gouvernement haïtien. « Il était un grand allié du HCR et de son mandat, un conseiller volontaire de premier rang pour les questions relatives à la révision de la loi sur la nationalité et à l’analyse des lacunes du système d’état civil. Son héritage sera perpétué à travers notre engagement collectif pour la préservation des droits humains de tous les Haïtiens, y compris leur droit à la nationalité. »

« Me Dorval était un activiste des droits humains remarquable qui a consacré sa vie à la protection du peuple haïtien luttant pour la prise en compte des instruments de droit international dans la Constitution haïtienne », a déclaré pour sa part Matthew A. Reynolds, représentant du HCR aux États-Unis et dans la Caraïbe. «Ses exploits dans l’analyse de la loi sur la nationalité étaient d’une importance capitale pour la garantie des droits de tous les Haïtiens, et particulièrement les personnes apatrides. Un grand allié de notre travail sur les questions de nationalité, d’apatridie et des droits humains internationaux va nous manquer », a-t-il rappelé. 

L’agence onusienne a rappelé que de 2012 à 2017, Me Dorval a travaillé étroitement avec elle, en incitant les changements aux prescrits de la législation nationale susceptibles de conduire à une situation d’apatridie. « Avec l’expertise du HCR, Me Dorval a rédigé un projet de loi sur la nationalité qui a été soumis au vote du Parlement haïtien. Si ce projet de loi est voté, une lueur d’espoir sera donnée à des millions d’Haïtiens », a fait savoir le HCR, qui souligne qu’environ trois millions d’Haïtiens, vivant en Haïti et à l’étranger, sont à risque d’apatridie en raison des lacunes du système de l’état civil et de la documentation. 

« La vie et le travail de Me Dorval devraient nous inspirer tous, y compris le peuple et le gouvernement d’Haïti, à sensibiliser au droit de la nationalité, à combler les lacunes et à supporter les efforts pour le vote d’une nouvelle loi sur la nationalité mettant fin à l’apatridie dans le pays, suivant les prescrits de la Convention de 1954 sur le statut des personnes apatrides et la Convention de 1951 sur la réduction des cas d’apatridie auxquelles Haïti a adhéré en 2018 », conclut le HCR.

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