Deux grands projets agricoles lancés dans le grand Sud

Le ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement (MARNDR) et l’ambassade du Canada ont lancé les 26 et 27 novembre 2020 aux Cayes et à Chambellan deux grands projets agricoles. Surnommés MAIS et AVETI, ces deux mécanismes, selon les responsables, sont de nature à booster la production agricole dans les départements du Sud et de la Grand’Anse notamment dans les communes des Cayes, de Torbeck, de Camp-Perrin, de Chambellan, d’Abricot, d’Anse d’Ainault et de Moron et de Dame-Marie.

Publié le 2020-11-30 | lenouvelliste.com

Avec l’appui du gouvernement canadien, par le biais du ministre haïtien de l’Agriculture, Patrix Sévère et l’ambassadeur du Canada, Stuart Savage, ont lancé deux projets dans le Grand Sud. Ces derniers seront exécutés par l’Alliance agricole internationale et Papyrus.  Ces deux projets, AVETI et MAIS, selon l’ambassadeur canadien, font partie de cinq projet agricoles financés par le Canada dans le cadre ccord bilatéral avec le gouvernement haïtien.  Ces projets novateurs poursuit-il, seront mis en œuvre dans l’optique de réduire la pauvreté, favoriser la sécurité alimentaire, lutter contre les effets néfastes liés au changement climatique et de permettre aux agriculteurs d’avoir accès aux marchés et d’avoir des revenus stables.

Le projet MAIS est un projet va être  implémenté dans le département du Sud notamment dans les communes de Torbeck, des Cayes et de Camp-Perrin par Papyrus. À travers ce projet, les responsables comptent accroître l’accès des producteurs de maïs et de haricot à des marchés commerciaux compétitifs et fiables en créant des incitations sur le marché lié à un acheteur sécurisé et à grande échelle. Aussi bien, ils entendent augmenter les rendements et la qualité post-production du maïs et des haricots dans les régions ciblés. Selon le ministre de l’Agriculture, ce projet prendra en compte également l’encadrement de 4 500 producteurs, l’amélioration des intrants agricoles, la mécanisation et les infrastructures de production.

Financé à hauteur de 13 millions de dollars canadiens sur 5 ans, ce projet doit, poursuit le ministre, contribuer à l’amélioration des conditions d vies des agriculteurs dans les contrées susmentionnées travers de tout un ensemble d’activités. Il est question de renforcer la capacité des producteurs,  les aider à mieux gérer la période post-récoltes et prévenir les effets du changement climatique. Une emphase sera mise sur l’approche chaine de valeur dans le cadre de ce projet.

« Travailler sur une chaine de Valeur implique de créer des partenariats étroits entre les différents maillons, ainsi que la valeur et du profit », a expliqué la directrice du projet MAIS avant d’ajouter qu’il s’agit d’un projet qui vise, à travers ses activités, l’entrepreneuriat et l’innovation en mettant, entre autres, l’accent sur l’autonomisation des femmes et les activités génératrices de revenus.

Le projet d'adaptation  climatique et valorisation économique des filières agricoles en Haïti (AVETI),  est, quant à lui, un projet mis sur pied pour développer les filières de cacao et d'igname, afin d'accroître le bien-être économique et de réduire la vulnérabilité de la population, surtout celle du monde rural. Mis en œuvre par l’Alliance agricole internationale, ce mécanisme a pour objectif d’appuyer 3 500 producteurs dont 60% de femmes et 40% de jeunes dans le département de la Grand’Anse.

Si l’on en croit le responsable de l’Alliance agricole internationale, Guypsy Michel, avec ce projet dans le département de la Grand’Anse, les chaines de valeur de cacao et de l’igname deviendront plus résilientes et plus adaptées à faire face au changement climatique. Ce projet, soutient le responsable, vise non seulement une valorisation économique de ces filières mais aussi de permettre à des jeunes agriculteurs dont des femmes d’être plus autonomes  et de garantir durablement les revenus de leurs familles et par ricochet d’accroitre leur sécurité alimentaire.

L’évidence aujourd’hui en Haïti est que la production agricole nationale n’arrive pas à satisfaire les besoins alimentaires de la population sans cesse croissante.  Le nombre de personnes en situation stresse et de crise alimentaire est estimé à plus 3.7 millions par la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA).

Conscient de ces réalités, le ministère de l’Agriculture, à travers les différents documents stratégiques, garde le cap sur la recherche de l’amélioration de la sécurité alimentaire moyennant des efforts soutenus de dynamisation du secteur agricole, et en mettant l’accent sur des grandes lignes d’actions. Espérant que ces deux projets contribuent à améliorer la situation.  



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