La course à la mauvaise nouvelle

Publié le 2020-11-24 | Le Nouvelliste

Nous sommes comme à la saison des mauvaises nouvelles. Les informations concernant des personnes tuées, portées disparues, kidnappées, violées défilent en boucle sur nos écrans. Ces jours-ci nous ne savons pas pour quelle victime nous devons protester, pleurer ou prendre de la peine tant les cas sont nombreux. Nous n’avons pas encore fini de pleurer Monferrier Dorval, Évelyne Sincère est tuée. Depuis, la liste des personnes victimes de l’insécurité s’allonge sans fin. Et sur cette liste, on doit laisser de l’espace pour les victimes anonymes du climat de terreur que le pays vit actuellement.

Il est évident que les forces de l’ordre sont dépassées par les évènements. D’un chef de police à un autre, depuis l’arrivée de Jovenel Moïse au pouvoir, la situation a empiré. C’est la preuve que la solution au problème de l’insécurité ne se résume pas au changement de commandement de la Police nationale d’Haïti, la seule force chargée jusqu’ici de protéger les vies et les biens à travers le pays. Politisée et minée par des conflits internes, la PNH peine à jouer correctement son rôle. Les autorités concernées au lieu de chercher à recoller les morceaux prennent visiblement l’option d’envenimer la situation.

Depuis les dernières exactions de Fantom 509 dans les rues de Port-au-Prince et les changements dans le haut commandement de l’institution, on ne sait pas à quoi s’attendre. Des affrontements entre frères d’armes sont dans l’ordre des choses possibles. Il est certain que ce conflit diminue la capacité de la PNH à accomplir sa mission. La décision des policiers de se mettre en syndicat est le résultat de la mauvaise gestion de l’institution policière. Fantom 509 aussi. Un conflit armé entre des "policiers protestataires" et des unités de la PNH serait fatal pour le pays. Les autorités doivent éviter d’enterrer la PNH en tentant de résoudre ce problème. Il faut trouver la bonne formule pour désamorcer la « bombe PNH » sans causer de dommages collatéraux importants. Les mauvaises nouvelles, le pays en a assez.

La rare bonne nouvelle des derniers jours était la baisse des prix des produits de première nécessité grâce à l’appréciation de la gourde par rapport au dollar américain. Il est constaté que le dollar s’apprécie peu à peu. Une brusque augmentation des prix des produits de première nécessité s’ensuit. Le gouvernement est-il au courant ? Il est évident que l’injection de dollars sur le marché des changes n’est pas la solution à la dépression de la gourde. Les autorités doivent trouver d’autres remèdes plus efficaces. On a assez de mauvaises nouvelles, l’augmentation des prix des produits de première nécessité ne doit pas s’inviter à la sauce.

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