Manifestations du 18 novembre : la FJKL note le manque de professionnalisme de la PNH

Publié le 2020-11-20 | lenouvelliste.com

La Fondation Je klere (FJKL) a critiqué la gestion de la police en ce qui concerne la journée de mobilisation du 18 novembre dernier. Dans un communiqué publié, elle estime que la PNH a fait preuve d’un manque de professionnalisme criant et d’un usage abusif de la force. Pour soutenir sa conclusion, la FJKL a documenté plusieurs interventions musclées des forces de l’ordre se soldant par un mort, huit blessés et neuf interpellations. 

« Des manifestants ont commencé à se réunir de manière pacifique au carrefour Alix Roy quand la police est intervenue brutalement en faisant un usage massif de gaz lacrymogène pour les disperser.  Des résidents de la zone ont beaucoup souffert de cet usage excessif  et injustifié de gaz lacrymogène par la police. Cette façon d’agir est utilisée par la police dans plusieurs autres zones de la région métropolitaine. À Delmas 48, par l’usage abusif de gaz lacrymogène et de balles réelles, la police a mis une fin prématurée à la manifestation soulevant, de ce fait, la colère des manifestants. Il s’en est suivi l’incendie d’un véhicule de police immatriculé au numéro 1-00093 posté à Delmas 69 et une tentative d’incendie d’une station d’essence à Delmas 63 ; en outre, plusieurs véhicules ont eu leurs vitres brisées. Dans la zone du Champ de Mars, siège du palais présidentiel, la police a établi un périmètre de sécurité et s’est livrée à un usage excessif de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de balles réelles faisant un mort par balle et des blessés, dont cinq blessés graves.  Un backup de la Brigade d’opération et d’interventions départementales (BOID) a heurté violemment et volontairement deux manifestants se trouvant sur une motocyclette. Cette tentative d’assassinat  n’a fait l’objet d’aucune réaction immédiate de la part des responsables de la police. En réaction, les manifestants ont lancé des pierres à l’endroit des policiers faisant deux blessés au niveau des forces de l’ordre », a détaillé la FJKL.

Plus loin, la FJKL a noté la différence en termes de nombre de blessés dans les rangs des agents de la PNH et des manifestants pour tirer une conclusion. « La PNH ne considère plus le droit de manifester comme un droit démocratique. Elle prend position pour le pouvoir politique. Elle est donc politisée et n’agit pas comme un corps professionnel chargé de garantir l’exercice des droits démocratiques », estime la FJKL, qui a recensé deux blessés au niveau des agents du CIMO.

La FJKL a publié une liste de mort, de blessés et de manifestants arrêtés au cours du 18 novembre. « Mackenson Duvivier a été tué d’une balle à la tête dans la zone du Champ de Mars. Il y a eu huit blessés par balle soignés à l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Ce bilan ne tient pas compte des cas de blessés par balle en caoutchouc qui ne se sont pas fait soigner dans les hôpitaux visités par la FJKL après la manifestation. La liste des blessés par balle :

1.- Jacques Jean Rony, 26 ans

2.- Léger Gesma , 37 ans, touché au dos

3.- Markenzy Vilsyer, 26 ans

4.- Ronald St Jean

5.-  Jonais Duval

6.- Jeantilus Claude 

7.- Pierre Denise

8.- Val Bichara, 21 ans, touché à la jambe gauche.

Au niveau du commissariat de Port-au-Prince il y a eu six manifestants arrêtés. Il s’agit de: 

1-    Benson Charlot ;

2-    Pierre Joles ;

3-     Joseph David ;

4-     Indy Espérance ;

5-     Pierre Watson ;

6-    Duvens Maxime ;

3 manifestants ont été gardés à vue au commissariat de Delmas 33. Il s’agit de: 

1-    Louis Wacthon

2-    Jean Elie Drouillard

3-    Leblanc Nesly

Ils sont tous accusés de troubles à l’ordre public », précise la note. 

En conséquence, poursuit le communiqué, la « FJKL demande au nouveau directeur général a.i.de la police, Monsieur Léon Charles,

- d’identifier et de renvoyer à la justice répressive les policiers coupables d’usage abusif de la force, notamment le chauffeur du véhicule de la Brigade d’opération et d’interventions départementales  (BOID) qui a heurté de plein fouet la motocyclette des manifestants provoquant deux cas de blessures graves ; 

- d’identifier également l’auteur de l’assassinat de Mackenson Duvivier ; 

- d’empêcher la politisation de la police et de travailler plutôt à  sa professionnalisation ».  

« Ce que le peuple haïtien attend du nouveau directeur général de la PNH,  c’est la mobilisation de la police pour lutter contre les gangs, les kidnappeurs, l’insécurité, la multiplication des zones de non-droit. La police ne doit  nullement combattre l’exercice des droits démocratiques de la population. Elle se doit en priorité de les protéger », conclut la FJKL.



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