Assassinat de Monferrier Dorval: le président Moïse précise, le barreau s’inquiète et prend acte

«Me Dorval est mort à dix heures treize. À dix heures quinze, je me rappelle que c’est ma femme qui m’a montré, deux minutes après, la vidéo qui a eu le temps de sortir», a déclaré le 9 novembre dernier le président de la République Jovenel Moïse à l’émission le Point sur la Radio Télé Métropole. Réagissant autour des déclarations précises du président, le secrétaire de l’ordre Me Robenson Pierre-Louis, aussi bien que la bâtonnière Me Marie Suzy Legros, prennent acte de ces précisions sur l’heure de l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval, et invitent le juge d’instruction et la DCPJ à tenir compte de ce nouvel élément dans le cadre de ce dossier.

Publié le 2020-11-17 | Le Nouvelliste

« Personnellement, je me pose des questions. Je me demande pourquoi on parle de vidéo actuellement, tandis qu'au départ on n’en avait jamais entendu parler. On avait seulement vu la photo qui circulait et c’est elle effectivement qui avait confirmé que Me Dorval était mort », a confié l’actuel secrétaire de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Robenson Pierre Louis, qui intervenait le samedi 14 novembre 2020 à Panel Magik. Pour Me Pierre-Louis, cette précision apportée par le président de la République est une information utile, une information de plus qui peut aider à relancer le dossier Dorval.»

De son côté, intervenant autour de ce même dossier le lundi 16 novembre 2020, la bâtonnière de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Marie Suzy Legros, a déclaré : « C’est avec étonnement et inquiétude, que j’ai appris toutes ses précisions de la part de Son Excellence Jovenel Moïse. En principe, dans le rapport communiqué par le médecin légiste, il est dit que le bâtonnier Monferrier Dorval est mort aux environs de dix heures. Il a fallu que Son Excellence précise pour nous. Nous sommes bien contents. Nous en prenons acte et nous pensons que le juge instructeur, de même que la DCPJ doivent prendre acte de cette déclaration. Nous espérons qu’ils vont faire le nécessaire pour découvrir la raison de cette précision. Parce que ce n’est pas sans raison que quelqu’un connaisse une information aussi précise que même un médecin légiste n’a pu avoir. Ça nous inquiète et soulève de grandes interrogations. Quand on regarde tout ce qui s’est passé, on se demande s’il n’y a pas un enchainement dans tout ce qui est arrivé ».

« Il faut que le juge demande à la première dame qui lui avait envoyé la vidéo », avance la bâtonnière, qui indique que le président n’a pas dit que la première dame a trouvé la vidéo sur un groupe dont elle fait partie, mais qu’on la lui avait envoyée. « Il faut qu’une personne vous connaisse pour qu’elle vous envoie un message », avance-t-elle, invitant la DCPJ et le juge instructeur à faire leur travail en ce sens.

Par ailleurs, la bâtonnière a renouvelé la volonté du barreau de tout mettre en place pour suivre le dossier de l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval et de rester mobilisé pour que le crime ne reste pas impuni. « Oublier est un mot qui n’existe pas pour un avocat. Il y a des dossiers civils ou pénaux qui durent 5, 10, 20 ans.  Une seule qu’il faut empêcher, c’est la prescription. Et ce crime ne sera pas prescrit », explique la femme de loi, qui assure que les mouvements continuent en Haïti aussi bien qu’au niveau des avocats à l’étranger. Toujours dans ce même ordre d’idées, Me Robenson Pierre-Louis a annoncé que les activités mises en oeuvre par le barreau pour garder vivante la mémoire de Me Monferrier Dorval se poursuivraient. Le 27 novembre 2020, une conférence autour du secret portant sur le droit des sûretés aura lieu au barreau. Et le 28, jour consacré au bâtonnier Dorval, se tiendra un sit-in pour en vue de protester contre l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval. Un compte en banque au nom de “Jistis pou Me Dorval” a été créé en vue de recevoir les contributions des avocats et avocates de l’ordre. 

Notons que le juge instructeur Renord Régis a déjà demandé à Radio Métropole de mettre à sa disposition l’extrait sonore dans lequel le président de la République, Jovenel Moïse, affirmait que sa femme avait en sa possession une vidéo de l’assassinat du professeur Dorval deux minutes après.

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