Le RNDDH plaide pour la réinsertion sociale des détenus, un défaut du système carcéral haïtien

Publié le 2020-10-30 | Le Nouvelliste

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), dans une étude réalisée sur l'application des dispositions relatives à la réinsertion sociale des détenus, a fait un diagnostic de la situation dans les prisons haïtiennes. Les résultats de cette étude sont sans équivoque et montrent que seuls cinq sur 20 espaces pénitentiaires (19 prisons fonctionnelles et un commissariat converti en prison) visités disposent ou disposaient dans un passé pas trop lointain, d’un programme de formation pour des détenus.

En effet, les règlements internes des etablissements pénitentiaires (RIEP), adoptés le 30 juin 2000, traite de la question de « réinsertion sociale » en mettant l’accent sur l’importance du retour dans la société des ex-détenus. Les articles 67 à 71 traitent de la formation professionnelle. Les métiers seront choisis en tenant compte des possibilités matérielles et techniques de la prison en question et des besoins repérés au sein de la population carcérale qui y évolue. Afin de s'assurer que le traitement des détenus-es ne doit en aucune façon favoriser leur exclusion définitive de la société.  

Toutefois l'étude du RNDDH révèle que seulement cinq prisons du pays ont des programmes de formation en faveur des détenus dans le but de les préparer pour un retour dans la société. Quatre de ces prisons sont localisées dans le département de l’Ouest, et l’autre, dans le département du Nord-Est. Il s’agit du CERMICOL et des prisons civiles de la Croix-des-Bouquets, de Cabaret, de Carrefour et de Fort-Liberté. Les autres prisons se contentent de garder les prisonniers. 

En raison du taux surélevé de prisonniers en situation de détention préventive, ces programmes ne sont pas personnalisés. Ils concernent principalement la formation académique et la formation vocationnelle. Au CERMICOL où sont incarcérés cinquante-quatre détenus mineurs dont sept condamnés, il est dispensé une formation classique qui fonctionne comme à l’accoutumée, jusqu’à la 9e année fondamentale ainsi que des cours d'informatique, de plomberie, de cordonnerie, de couture et d'anglais. 

Dans les autres quatre centres carcéraux, on y retrouve des cours de couture, d’alphabétisation, d’artisanat, de peinture, d’agriculture, de macramé, d'informatique, d'anglais, de carrelage, de cosmétologie et de préparation de produits chimiques nettoyants ainsi qu'un cours biblique audiovisuel. Fort souvent, ces cours ne sont plus dispensés, car le projet qui les finançait ayant pris fin et/ou n’ayant pas été renouvelé. Dans certains cas, après avoir été libérées, des ex-détenues bénéficient de suivis relatifs à leurs besoins spécifiques comme le paiement de loyer, l’assistance à la création de petites entreprises, note le RNDDH. 

Dans certains centres de détention du pays, des travailleurs sociaux accompagnent les détenus. Tel est le cas des prisons civiles de Fort-Liberté, de Port-au-Prince, de Carrefour, CERMICOL. Cependant plusieurs de ces encadreurs-euses ne travaillent pas régulièrement alors que leur apport à la réinsertion sociale aurait pu être primordial. Alors l’insuffisance et/ou l’absence de travailleurs sociaux en milieu carcéral ainsi que le manque d’activités récréatives en faveur des prisonniers rendent la détention encore plus pénible, notamment pour ceux et celles qui sont en attente de jugement, a indiqué l'organisation de défense de droits humains.  

«D'une manière générale, les loisirs et les activités récréatives en milieu carcéral n’existent pas. » Les quelques prisons qui en ont relèvent d'une initiative mise en œuvre par les responsables de ces prisons. «Elles ne découlent pas d’un programme national de loisirs et de récréations dans les prisons. Dans la majorité des prisons du pays, les détenu (es) es sont soumis (es) à un strict régime cellulaire.»

Sur la base de ces constats, le RNDDH et ses structures régionales recommandent aux autorités concernées de : mettre en place dans toutes les prisons du pays un programme continu de réinsertion sociale des détenus; renforcer les programmes déjà existants en fournissant aux responsables de prisons les ressources humaines et matérielles nécessaires à l’apprentissage des détenus-es; payer aux enseignants-tes les arriérés de salaire et régulariser la situation; accorder à tous les mineurs la formation académique pendant toute la durée de leur incarcération; installer dans toutes les prisons civiles du pays des bibliothèques à l’intention des détenus.

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