Julio Racine honoré dignement

PUBLIÉ 2020-10-27
Entre musique classique haïtienne, recueillement et témoignages, le compositeur Julio Racine, qui nous a quittés le 11 octobre dernier, a été porté à l’apothéose ce dimanche 25 octobre au local de la Fondation Odette Roy Fombrun. Un public trié sur le volet en présentiel joint aux internautes ont célébré la vie de celui qui nous laisse en héritage, entre autres, 11 tomes de l'immense projet Chansons d’Haïti, cahiers de musique réalisés avec la chanteuse Karine Margron.


La délicatesse avec laquelle Jaël Auguste fait sonner les cordes de sa contrebasse pour exécuter les notes de « Assotò », une composition personnelle en l’honneur du plus grand des tambours en usage dans le lakou Souvenance, est une parfaite entrée en matière à la cérémonie d’hommage au compositeur Julio Racine qui nous a quittés ce 11 octobre.

Marie-Claude Bayard, directrice de la Fondation Odette Roy Fombrun, qui fait office de MC à l’activité, prend le soin de préciser que l’éminent compositeur était un homme simple en dépit de ses multiples mérites. « Malgré ses énormes talents, toute sa vie il est resté un homme simple, au cœur plein d’empathie, d’amour et de tolérance pour tous ceux qu’il côtoyait. »

Depuis la République dominicaine, la pianiste Micheline Laudun Denis, dans une vidéo, remémore la cordialité qui existait entre elle et le feu flûtiste. « L’on s’entendait, dit-elle, à merveille, le plaisir partagé était si grand que nous avions toujours éprouvé le plaisir de commencer. » Nicole Saint Victor parle du sérieux de l’homme comme chef d’orchestre mais aussi du directeur de l’école de musique Sainte-Trinité. « Il surveillait la progression de chaque élève. Je n’ai pas en mémoire durant cette époque une seule fois où il s’était absenté », se rappelle la chanteuse lyrique.

Raymond Léger, cousin de Julio Racine, confie que même enfant, ce dernier faisait preuve d’un sérieux extraordinaire. C’était aussi le genre de garçon qui aimait jouer au foot à côté de la passion précoce pour la musique. Karine Magron, depuis les USA révèle qu’elle avait des doutes sur l’aboutissement du projet « Chansons d’Haïti » qu’elle a mené avec le défunt. « Il me disait : il faut qu’on aille jusqu’au bout du projet », confie celle qui peinait à retenir ses larmes en fin de propos. Odette Roy Fombrun, qui a assisté aux balbutiements du projet, souhaite que depuis là-haut il puisse veiller sur les écoles de musique. La centenaire égaye l’ambiance solennelle avec une pointe d’humour : « Repose bien là-haut en attendant que je te rejoigne ! »

Les témoignages étaient en alternance avec les prestations de l’orchestre Philharmonique Sainte-Trinité que l’honoré du jour a dirigé pendant 30 ans, c’est-à-dire jusqu’en l’an 2000. On a apprécié « 15 jours au Cap » qu’il a lui-même arrangé. C’est Théophile Joseph en solo qui l’a interprété. Wenson Délice a à son tour donné la chair de poule avec « Complainte paysanne » de Raoul Guillaume. « Nago, Ki lè li ye ? » nous a portés dans les sphères supérieures grâce au talent de la soprano Valérie Brutus Nérette. L’hommage bien mérité s’est conclu avec la vidéo de Sonate Vodou Jazz de Julio Racine.

Chancy Victorin



Réagir à cet article