Kidnappings et assassinats augmentent à Port-au-Prince

Publié le 2020-10-07 | Le Nouvelliste

Les cas d’enlèvement contre rançon et d’assassinat augmentent dans la région métropolitaine depuis plusieurs semaines. Pas un jour ne passe sans que l’on répertorie des meurtres par balle, à l'arme blanche, ou encore des cas d’enlèvement. Certains témoignages sont publiés sur les réseaux sociaux, d’autres dans les médias alors que certains autres cas passent inaperçus. Les victimes se comptent par dizaines depuis plusieurs semaines. Et ce ne sont pas que des statistiques. 

Le 25 septembre, des bandits armés ont abattu de deux balles Joanne Laguerre, 29 ans, dans son entreprise. À l’aube du dimanche 27 septembre 2020, le pasteur Quétant Jean-Philippe et son épouse ont été tués par balle, chez eux, à Onaville 20.  À Saint-Jean-du-Sud, un couple a été tué puis décapité le 28 septembre. Jeudi 1er octobre, le policier Michel Marc-Gery a été retrouvé assassiné par balle au centre-ville de Port-au-Prince; l’inspecteur divisionnaire Angelot Verrier a été assassiné le mardi 6 octobre à Fontamara. Maxime Léveillé, électricien, a été tué le 6 octobre dans la soirée à Pacot. Ce mercredi 7 octobre, le propriétaire de « Imaj Club » identifié comme « Géthro », alias « Boss Géthro », a été abattu chez lui à Carrefour-Feuilles. La liste des homicides est longue. Celle des cas d’enlèvement qui ne s’ébruitent pas est longue également. Des familles haïtiennes sont dans de beaux draps. Des organismes de défense des droits humains s’inquiètent alors que la police nationale est aux abonnés absents. 

Contactés par le Nouvelliste, le RNDDH et la Fondation Je Klere reconnaissent une hausse de la criminalité et s’inquiètent. « Nous sommes très préoccupés par l’augmentation des cas d’homicide et d’enlèvement dans la région métropolitaine et dans les villes de province. Nous sommes d’autant plus alarmés du fait que les victimes d’enlèvement décrivent le même mode opératoire. Elles sont enlevées par des hommes armés, munis d’uniformes de la PNH. L’insécurité est généralisée dans le pays. Nous sommes très préoccupés », a fait savoir Marie Yoleine Gilles, responsable de la Fondation Je Klere. 

Même son de cloche de la part de Pierre Espérance, qui a confié au journal que le RNDDH est très préoccupé par la situation. « La population continue d’être victime alors que les autorités au plus haut niveau n’ont rien fait pour ramener le calme. On n’a pas fourni de moyens à la PNH pour qu’elle puisse faire son travail », a déploré le directeur exécutif du RNDDH. 

Pour l’heure, ni la Fondation Je Klere (FJKL) ni le RNDDH n’ont fourni de bilan des cas d’homicide et de kidnapping enregistrés ces dernières semaines. « Nous n’avons pas de chiffres exacts pour le moment. Mais nos moniteurs sont à pied d’œuvre», a fait savoir Marie Yoleine Gilles. « Nous avons reçu des témoignages de victimes d’enlèvement. Elles nous ont révélé avoir été séquestrées en groupe dans un même endroit alors que les bandits ont fait pression sur leurs familles pour obtenir des rançons. (...) Une personne enlevée la semaine dernière a révélé que les bandits lui ont avoué avoir recommencé avec les cas de kidnapping parce qu’ils ne sont plus payés par l’État haïtien. Ils ont déployé une vingtaine de motocyclettes dans les rues pour kidnapper les gens. Pour les cas d’assassinat, nous pouvons dire qu’ils ont augmenté sérieusement depuis le mois d’août », a pour sa part révélé Pierre Espérance du RNDDH.

Le journal a tenté vainement de contacter le porte-parole de la PNH, Michel-Ange Louis-Jeune. Pour le moment, aucune réaction de la police sur les homicides, les cas d’enlèvement et les assassinats de policiers.

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