L’administration Moïse/Jouthe se donne un budget de 254 milliards de gourdes

L’administration Moïse/Jouthe, sur fond de krach du marché des changes, se donne un budget avec des prévisions de 254 milliards de gourdes. L’amortissement de la dette a plus que doublé en atteignant 43 milliards contre 17 lors de l’exercice précédent. Ce budget ambitieux table aussi sur une augmentation du financement de la BRH. Il passe de 30 à 36 milliards de gourdes.

Publié le 2020-09-30 | lenouvelliste.com

L’administration Jouthe/Moïse, en Conseil des ministres, a adopté dans le cadre du budget 2020-2021, avec des prévisions, les voies et moyens jamais faites jusqu’ici, soit de 254 milliards de gourdes contre 198 milliards pour l’exercice précédent, mardi 30 septembre 2020, a appris le journal Le Nouvelliste, qui a obtenu copie du « tableau d’équilibre du budget général ».

Quelques dépassements d’un exercice à l’autre retiennent l’attention. L’amortissement de la dette de 43 milliards de gourdes a plus que doublé comparativement aux 17 milliards de l’exercice précédent 2019-2020. Les dépenses de personnel sont aussi à la hausse, passant de 47 milliards à 65 milliards de gourdes. Les prévisions de financement monétaire de la BRH est de 37 milliards de gourdes contre 30 milliards de gourdes pour l’exercice précédent.

La ventilation des « voies et moyens » permet de voir que cette administration table sur 132,6 milliards de gourdes de ressources domestiques. Elle prévoit, dans ce chapitre, de mobiliser 95,1 milliards gourdes de « recettes internes » et 32,9 milliards gourdes de recettes douanières.

L’administration Moïse/Jouthe prévoit d’obtenir 4,4 milliards de gourdes dans la rubrique « autres ressources domestiques » pour atteindre les 132,6 milliards de gourdes des « ressources domestiques en question ».

Il est prévu l’obtention de  29, 9 milliards de gourdes de « dons » ventilées en 9, 9 milliards  de gourdes « d’appui budgétaire »  et 19,9 miliiards « d'aide projets ».

Si les voies et moyens du budget 2020-2021 sont de 245, 7 milliards  de gourdes, le niveau de financement prévu est de  92,1 milliards de gourdes. L’emprunt à la BRH est de 37 milliards de gourdes contre un plafond de 30 milliards de gourdes pour l’exercice précédent.

L’administration Moïse/Jouthe, dans la rubrique « financement » prévoit un emprunt bancaire de 16,3 milliards de gourdes, 25 milliards de gourdes de « bons du Trésor », 8,1 milliards de gourdes de « tirages sur emprunt » et 5, 5 milliards de gourdes d’ « autres financements internes des projets ».

Quid des dépenses ?

Les « dépenses courantes » prévues de 136,2 milliards  de gourdes, dépassent de plus de 4 milliards de gourdes les « recettes domestiques » de 132, 6 milliards de gourdes. Les salaires et traitements sont de 65,5 milliards de gourdes.

Pour les « biens et services y compris les autres dépenses publiques », il est prévu 37,6 milliards de gourdes. Dans la rubrique « transferts et subventions », il est prévu 26,9 milliards  de gourdes et 6,1 milliards de gourdes « d’intérêts ».

En termes de « dépenses de capital », l’administration Moïse Jouthe table sur 118,5 milliards de gourdes, 1,2 milliard  dans la rubrique « immobilisations ». Pour les « programmes et projets », l’administration prévoit 74,1 milliards de gourdes. Il est prévu dans ce chapitre 24,1 milliards du « Trésor public ».

Le budget 2020-2021 table également sur 2,1 milliards de gourdes d’annulation de dette du FMI et 19,7 milliards dans la ligne « autres financements » et 28,1 milliards  de gourdes « dons et emprunts ».  «L’amortissement de la dette » reste toujours conséquent avec une prévision de 43 milliards de gourdes.

 Pour le moment, le journal n’a pas encore accès au budget et à l’analyse supportant les grandes prévisions.

 Les dernières indications ont été données dans la lettre de cadrage du Premier ministre Joseph Jouthe. L’administration Moïse/ Jouthe, très optimiste, a tablé sur une sortie de la récession économique au cours de l’exercice 2020-2021. Le taux de croissance du PIB devrait faire un bond pour atteindre 2,4 %, contre -2,9 % par rapport à l’exercice 2019-2020, avait indiqué le Premier ministre Joseph Jouthe dans la lettre de cadrage du budget 2020-2021 qui fait d’autres projections. À la fin du prochain exercice 2020-2021, l’inflation estimée en glissement annuel est à 27,3 %. La projection de recettes fiscales est de 100 milliards de gourdes, avait écrit le chef du gouvernement.

En l’espace d’un mois et demi, la gourde s’est fortement appréciée par rapport au dollar. Après avoir flirté avec les 123 gourdes pour un dollar, il faut aujourd’hui 64 gourdes pour acheter un dollar américain à la Unibank ce 30 septembre.

Roberson Alphonse



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