Elections/Changement de Constitution

Le PHTK pour des élections, mais pas avec ce CEP formé de façon « unilatérale », selon Liné Balthazar

L’exécutif a formé seul ce Conseil électoral provisoire (CEP) sans consultations. C’est le constat de Liné Balthazar, président du PHTK, le parti politique sous la bannière duquel Jovenel Moïse a été élu président. « Le pays n’a pas besoin d’élections contestées. Le président de la République et l’exécutif ont besoin d’un accord politique afin d’avoir la sérénité qu’il faut pour lancer les élections. C’est la position du PHTK et des partis alliés », a-t-il affirmé dans une interview accordée mercredi au Nouvelliste.

Publié le 2020-09-23 | lenouvelliste.com

Après la classe politique et la plupart des secteurs importants de la société, c’est maintenant le parti politique de Jovenel Moïse lui-même qui prend ses distances par rapport à la nomination du nouveau Conseil électoral provisoire. « Nous ne voulons pas d’élections ‘’ yon grenn soulye’’ dans le pays. Il y a des doutes, des suspicions sur le Conseil électoral formé de façon unilatérale. Il faut qu’il y ait un minimum de consensus sur la formation du CEP », a affirmé mercredi au Nouvelliste Liné Balthazar, président du PHTK.

« Depuis 30 ans, aucune élection n’a été réalisée dans le pays sans un minimum de consensus sur le Conseil électoral provisoire », a rappelé le président du parti au pouvoir. « Nous sommes très préoccupés par le fait que dès le départ le CEP suscite autant de controverses et d’hostilités tant sur sa composition que sur son mandat. C’est le signe d’un malaise et les autorités doivent en tenir compte et créer des conditions politiques pour la tenue d'élections inclusives », a exhorté Liné Balthazar. 

Le président Jovenel Moïse  avait déjà gagné les élections avec un CEP qui était hostile au PHTK, a-t-il révélé. « Le chef de l’Etat n’a aucune raison d’avoir peur d’un CEP ouvert, qui inspire confiance à tous les partis avec des personnalités de toutes les tendances afin de rassurer tout le monde de participer aux élections aux côtés de PHTK et d’autres. C’est ce que le PHTK demande », a soutenu M. Balthazar.

Selon M. Balthazar, le CEP c’est la base des élections. « Quand vous construisez, si déjà il y a des problèmes dans la fondation, gen anpil chans pou kay la kraze », a-t-il illustré. « Nous demandons à l’exécutif de trouver ce consensus. Qu’il s’agisse d’une entente ou d’un accord, ou d’un consensus… il faut un minimum de consensus entre les forces politiques de l’opposition et les forces qui supportent le pouvoir pour aller aux élections », a ajouté Liné Balthazar.

Pour lui, c’est une bonne chose de former un Conseil électoral provisoire pour aller aux élections. Mais pour les organiser, le président doit avoir un minimum de consensus, d’un accord, a-t-il souligné à maintes reprises dans cette interview. « Pour avoir de bonnes élections, des élections inclusives, il est nécessaire que le CEP dans sa composition reflète un consensus politique. Un consensus qu’on n’a pas avec ce CEP »,  a martelé le président du PHTK.

Liné Balthazar a rappelé que le pays a déjà vécu cette situation pendant 30 ans. « Ce n’est pas la peine de répéter les mêmes situations qui ont donné de mauvais résultats pour le pays », a-t-il exhorté.

« La Constitution ne peut pas être l’affaire d’un petit groupe », estime Liné Balthazar 

Interrogé sur le premier mandat du CEP de Jovenel Moïse, à savoir l’organisation d’un référendum pour doter le pays d’une nouvelle Constitution, Liné Balthazar croit que pratiquement tous les secteurs du pays veulent une autre Constitution ou des modifications dans la loi mère. « Mais la Constitution ne peut pas être l’affaire d’un petit groupe », a lancé Liné Balthazar. 

« Le président est issu d'élections légitimes qui lui confèrent l’autorité pour intervenir dans les affaires qui concernent la gestion du pays. Mais le président ne peut pas seul changer la Constitution ni organiser les élections », a fait remarquer le président du PHTK.

Liné Balthazar a fait savoir que le PHTK ne compte pas écrire officiellement au président de la République pour lui faire part de sa position sur le CEP, les élections et la Constitution. « Le président connait déjà la position du PHTK et des partis alliés. C’est pourquoi nous sommes en discussion avec les forces politiques de l’opposition depuis les tentatives d’un accord à la nonciature apostolique. Les couloirs de communication sont maintenus. Il n’y a la nécessité d’un accord politique », a-t-il précisé.

Depuis la nomination du CEP le 18 septembre dernier, il y a eu une pluie de réactions contre la formation du Conseil électoral provisoire qui, selon les prises de positions de plusieurs secteurs, organisations et personnalités de la société, viole la Constitution. Cependant le président de la République ne bronche pas. Alors que divisés, les juges de la Cour de cassation ont reporté à une date ultérieure la prestation de serment des membres du nouveau CEP, Jovenel Moïse les ont quand même investis dans leurs fonctions. 



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