Grève des enseignants dans les écoles publiques

Les enseignants maintiennent la grève, les élèves toujours dans les rues, l’OPC condamne, le gouvernement fait silence

Publié le 2020-09-10 | lenouvelliste.com

Les élèves des écoles publiques ont encore gagné les rues le jeudi 10 septembre pour continuer d’exiger le retour des enseignants dans les salles de classe. Les enseignants des écoles publiques, qui sont en grève depuis un mois, maintiennent la grève pour exiger de meilleures conditions de travail. L’Office de la protection du citoyen (OPC), tout en condamnant les actes de violence des policiers contre les manifestants, invite les écoliers à éviter toutes formes de violence. 

Depuis la reprise des activités scolaires post-Covid-19 le 10 août dernier, les enseignants des écoles publiques sont entrés en grève pour exiger une augmentation salariale et de meilleures conditions de travail. Un mois après, les syndicalistes maintiennent la grève et les élèves des lycées et écoles nationales continuent de gagner les rues pour exiger leur retour dans les salles de classe.

Selon le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliens, normaliennes et éducateurs, éducatrices d’Haïti (UNNOEH), depuis plus d’un mois, les enseignants ont soumis leur cahier de doléances au gouvernement qui n’a jamais fait cas d’eux. À la suite de leur manifestation de rue le 10 août dernier, « le ministre de l’Education nous a qualifiés de terroristes. Il a utilisé l’administration pour faire de la répression sur certains enseignants en les transférant ou en bloquant leur salaire. Il a ignoré nos revendications », a dénoncé Franck Wilbert Georges dans une interview accordée jeudi au Nouvelliste.

Wilbert Georges a fait savoir que les syndicalistes sont disposés à négocier avec le gouvernement. « Suivant l’issue des négociations, la réalité sera différente dans les salles de classe, pour le moment, les syndicats d’enseignants maintiennent la grève», a-t-il ajouté.

Franck Wilbert Georges a fait savoir que les revendications des syndicats d’enseignants sont divisées en trois axes. D’abord, il y a les conditions de fonctionnement des enseignants détaillées dans le cahier de doléances soumis au gouvernement, a-t-il indiqué. Ensuite, il y a l’accès et la qualité de l’éducation, a-t-il ajouté. Il a dénoncé le fait qu’actuellement il y a des écoles qui n’ont pas encore bouclé l’année académique 2019-2020 alors que d’autres ont déjà démarré l’année 2020-2021.

Dans un communiqué publié jeudi, l’Office de la protection du citoyen (OPC) a dit dénombrer, depuis la reprise officielle des activités scolaires post-Covid-10, le 10 août 2020, plusieurs évènements qui ont des conséquences négatives sur le fonctionnement normal des écoles. L’OPC a cité parmi eux des mouvements d’élèves d’écoles publiques à travers le pays, pour exiger  le retour des professeurs en grève dans les salles de classe.

« Le mardi 18 août, le directeur du Collège Archimède a été tabassé par un groupe d’élèves d’écoles publiques et de lycées de Saint-Marc. Le lundi 17 août, au moins deux enseignants ont été blessés suite à des mouvements de protestation des élèves du lycée Pinchinat à Jacmel. Le mardi 25 août, des agents de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (UDMO) du Sud-Est ont malmené un élève NS3 du lycée Pinchinat à Jacmel qui participait à un mouvement d’élèves », a énuméré l’OPC.

« Tout en condamnant ces actes qui constituent des violations du droit à l’éducation et de protection des enfants, garanti par la Constitution haïtienne et la Convention relative aux droits de l’enfant, l’OPC invite les écoliers et les jeunes protestataires à éviter toutes formes de violence et à faire preuve de discipline, de civisme et de retenue dans leurs revendications ; car ils sont appelés à devenir des dirigeants dans la construction de la nouvelle Haïti », lit-on dans le communiqué.

L’Office de la protection du citoyen  a donc appelé le gouvernement à prendre des mesures adéquates visant à assurer la protection des élèves ainsi que des établissements scolaires.

« L’OPC appelle le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) à trouver une entente avec les syndicats d'enseignants en vue de favoriser la présence des professeurs dans les écoles publiques et les lycées. L’OPC rappelle également aux acteurs concernés que la question de l’éducation doit être résolue dans la sérénité, et non par la violence », a exhorté Me Renan Hédouville, Protecteur du citoyen.

Le Nouvelliste a tenté en vain d’entrer en contact avec le ministre de l’Education nationale, Pierre Josué Agénor Cadet pour savoir comment il compte gérer cette situation.  



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