Jovenel Moïse rencontre des organisations de base sur la nouvelle Constitution

Publié le 2020-08-20 | lenouvelliste.com

Plus d’une dizaine d’organisations de base ont rencontré le président de la République Jovenel Moïse au Palais national ce jeudi. Ces structures éparpillées un peu partout à travers le pays ont voulu partager avec le chef de l’État les réflexions engagées depuis plusieurs semaines sur la nécessité de doter le pays d’une nouvelle Constitution. Coraslin Josué, coordonnateur général du Regroupement des associations visionnaires pour le développement et le progrès (RAVIDEP), s’est exprimé au nom de toutes les organisations avant de remettre un document au président. « Nous avons pris l’initiative d’initier des réflexions avec tous les secteurs, de toutes les tendances politiques, sur la nouvelle Constitution réclamée par la majorité de la population. Nous avons écouté leurs revendications. Après les réflexions, nous avons organié plusieurs conférences de presse afin de nous adresser directement à la population. Nous nous sommes rencontrés récemment à l’hôtel Karibe dans une grande conférence débat sur la question. Après la conférence, ces 10 organisations ont jugé nécessaire de signer une pétition que nous allons remettre au président de la république aujourd’hui », a-t-il fait savoir. 

Coraslin Josué croit qu’il est plus qu’impératif de doter le pays d’une nouvelle Constitution. « C’est ce que veut la population. C’est ce qu’elle attend. Le changement passera par une nouvelle loi mère. Elle devra définir les droits et les devoirs de tous les Haïtiens. Cette nouvelle Constitution devra ouvrir la porte à tout le monde y compris aux femmes et à la diaspora dans les affaires du pays. Celle-ci devra garantir la démocratie dans le respect de la loi, renforcer la justice et mettre un terme à l’impunité », a-t-il déclaré. 

De son côté, Jovenel Moïse a remercié ces organisations qui avaient voulu lui remettre le document en main propre. Le chef de l’État a commencé son allocution en mettant en avant sa volonté de poursuivre ses différentes réformes dont l’objectif est de retirer le pays des mains d’un « petit groupe ». En ce qui concerne la réforme constitutionnelle, le chef de l’État se dit réjoui que des acteurs de la société civile, du monde intellectuel, des représentants des forces vives de la nation qui sont en train de réfléchir sur la question. Il a appelé à l’intensification des discussions partout à travers le pays sur ce sujet. 

Plus loin, le président a insisté sur la nécessité de mener ces discussions, et toutes les initiatives tendant vers une nouvelle Constitution, à l’abri de toute influence politique. « Il y a eu plusieurs forums réunissant des intellectuels, des journalistes, des écrivains, des hommes de loi. À Port-au- Prince comme dans les villes de province. Ils parlent tous d’un même sujet. Une nouvelle Constitution. J’ai demandé à mes conseillers de contacter tous ces intellectuels. (...) J’ai reçu des invitations pour prendre part à l'ouverture ou à la fermeture de ces forums. Je m’y suis pas rendu par contrainte de temps certes. Mais je pense que la nouvelle n’est pas l’affaire du président de la République, ou de son équipe, mais du peuple haïtien, de la capitale, comme des villes de province ou de la diaspora. Tout ceci doit se faire dans la nouvelle Constitution qui doit être indépendante », a dit le chef de l’État.

Dans la foulée, le président a plaidé pour la formation d’une commission indépendante qui devra travailler sur la question. « Cette commission ne doit avoir aucune influence politique. Haïti doit être au centre de son intérêt. Je veux m’adresser à tous les intellectuels qui ont pris la parole ces dernières semaines. Je crois qu’il est temps pour eux de retourner l’ascenseur au pays pour tout ce qu’ils ont reçu. Ils peuvent le faire en servant de lumière aux citoyens qui en ont grandement besoin. Il nous faut un comité ou une commission indépendante, en dehors de l’influence des partis politiques, des groupes économiques, de l’international, du Palais national ou de la Primature. Parce que le pays est divisé et polarisé. Le moment de l’unité est venu. La nouvelle Constitution est l’affaire de tous les Haïtiens. Le comité indépendant devra consulter la population dans toutes ses composantes afin de rédiger un texte qui est en adéquation avec leurs aspirations. Ce comité doit poursuivre le travail afin de doter le pays d’une nouvelle Constitution dans un avenir pas trop lointain », a indiqué Jovenel Moïse.



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