Le Cap-Haïtien n’a pas réussi à fêter ses 350 ans

Publié le 2020-08-19 | lenouvelliste.com

Le Cap-Haïtien célébrait ses 350 ans le week-end écoulé. Que s’est-il passé ? La fête s’est transformée en messe basse. Le 15 août 2020 était un 15 août plus tranquille que les autres années. Covid oblige. Mais pas seulement.

L’équipe du Nouvelliste, qui avait fait le déplacement pour couvrir les festivités, est revenue déçue de son périple. La fête était une petite fête. Pas un 350e anniversaire.

Pour un des journalistes, on dirait même que les Capois ont été surpris par l’échéance. Jou bare yo. Selon lui, la grande majorité des habitants de la ville, dès qu’on s’éloignait du boulevard du bord de mer, ne paraissait pas concernée. Pas au courant. Ce n’était pas leur fête. Leur ville n’était pas en fête.

Pour ses 350 ans, le Cap et ses banlieues n’ont pas su rehausser leurs adresses prestigieuses. Bois-Caïman est sans attrait. Barrière Bouteille est demeurée méconnaissable. Le monument de Vertières n’a toujours pas de lustre. Milot est resté Milot, avec la chapelle royale en moins. Les traces de l’incendie qui l’a ravagée sont visibles alors que rien n’indique que le site est protégé, en travaux ou en devenir de redevenir une belle église. Pour la cathédrale du Cap, le sermon de la fête patronale a permis de savoir que le chantier est à l’arrêt et aucune autorité n’a pris la peine de faire une annonce heureuse pour le plus beau monument situé au cœur de la deuxième ville du pays.

Le Cap aurait pu offrir un plus beau visage pour ses 350 ans.

Pour cela, il y aurait fallu qu’une vraie autorité, avec du pouvoir, des projets et un financement assuré, ait en main le destin de la métropole du Nord. Il aurait fallu que le pays prenne conscience que la deuxième ville du pays ne peut pas continuer à vivoter dans ses souvenirs sans moyen de se projeter dans l’avenir ni de l’édifier.

Combien Labadee, Codevi, le Parc industriel de Caracol, l’aéroport Hugo Chavez et autres ornements du grand Nord rapportent au Cap-Haïtien ?

Quelle somme le pouvoir central alloue-t-il au Cap-Haïtien et à sa périphérie pour financer son développement ?

Le grand Nord collecte-t-il des taxes pour payer de plus grandes ambitions ? Y a-t-il un plan pour que les taxes soient à la hauteur des besoins même partiels de la région ?

Pour ses 350 ans, le Cap-Haïtien disposait d’un comité des fêtes. Il lui faut un comité de développement. Des ambitions et des plans. Sinon, les décennies s’enfileront sans avertir et les problèmes s’empileront à un rythme exponentiel.

En octobre, les deux cents ans de la mort du roi Henri seraient une bonne occasion pour lancer des ambitions. Que les gens du Nord se mettent en branle ! Henri Christophe le mérite bien.



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