Crise politique/Elections

Jovenel Moïse annonce pour 2021 l’organisation des élections  

Publié le 2020-08-11 | lenouvelliste.com

Alors que le président de la République peine à convaincre les neuf secteurs clés de la société à  désigner des représentants au Conseil électoral provisoire, il annonce pour 2021 l’organisation des prochaines élections devant renouveler le personnel politique. Jovenel Moïse, qui présentait le 5e numéro de ‘’ Dialogue communautaire’’ dimanche au Palais national, a appelé la population à prendre son destin en main lors de ces compétions électorales…

Coûte que coûte « il y aura des élections dans le pays en 2021 », a annoncé le président de la République le dimanche 9 août dernier. Jovenel Moïse a demandé à la population de faire la différence entre ceux qui construisent et ceux qui détruisent lors de ces joutes électorales. « Aujourd’hui, votre destin est entre vos mains. Vous allez choisir qui vous voulez comme dirigeants. Votre choix déterminera votre avenir… », a avancé le chef de l’Etat.

Alors qu’il a déjà passé plus de trois ans et demi au pouvoir, Jovenel Moïse continue d’imputer la responsabilité de la situation actuelle du pays à un petit groupe de personnes qui, selon lui, accapare toutes les richesses d’Haïti. « Ce qui arrive au pays aujourd’hui n’est pas possible. Quelque cinq à six personnes décident qu’elle est à elles seules l’Haïti Thomas », a tancé le chef de l’Etat.  

Si dans sa dernière intervention lors de son programme ‘’Dialogue communautaire’’ le président avait déclaré : « Pa gen okenn moun ki ka pran pouvwa sa nan men nou ankò », des déclarations qui lui ont valu beaucoup de critiques, Jovenel Moïse nuance cette fois en disant à son public : « Pouvwa ki nan men nou an, asire nou moun pa janm pran l… ».

À ceux qui pensent que la solution à la crise politique passe par la démission de Jovenel Moïse et  la formation d’un gouvernement de transition, encore une fois le président leur a fait savoir que « le pouvoir est donné par le peuple et la seule façon de l’avoir c’est d’aller aux élections…».

« Pa gen pas kout ankò, eleksyon pral vini, yon nèg se fè kanpay et que le meilleur gagne », a lancé Jovenel Moïse.

Sans citer de nom, le président Moïse a indiqué que personne ne devrait espérer profiter de sa présence au Palais national pour prendre le pouvoir. « Fè kanpay ou, touse ponyèt ou pou w pran pouvwa a, men se pa yon kesyon ban m fè yon ti kout, peyi a pa yon bekàn, ou pa ka rete chak tan ou vle vin fè yon kou sou li… », a conseillé le chef de l’Etat, qui parlait des prochaines élections.

Le locataire du Palais national dans son intervention sur la recrudescence de l’insécurité dans le pays fait savoir que le gouvernement prépare actuellement la tenue des prochaines élections et qu’il faut rétablir un climat de sécurité à cette fin. « La police doit être équipée sur tout le territoire pour pouvoir sécuriser les prochaines élections afin d’avoir une très bonne participation de la population », a déclaré Jovenel Moïse.

Parce qu’il dirige le pays pratiquement seul, sans le Parlement qui est un pouvoir de contrôle, M. Moïse est au courant qu’on l’accuse de vouloir instaurer une dictature au pays. « Le dernier nom qu’on me donne c’est que je suis un apprenti dictateur. Il n’y a pas de problème. Mais quand la loi s’applique, elle n’a pas d’amis », a rétorqué le chef de l’Etat. « Le peuple m’a donné le pouvoir pour défendre ses intérêts », a dit le président, soulignant que c’est ce qu’il entend faire à travers le slogan ‘’ Ti rès la pou pèp la’’.

Parallèlement, des partis et regroupements politiques de l’opposition font des alliances pour tenter de barrer la route au président de la République dans sa volonté de changer la Constitution et d’organiser les élections. Plusieurs secteurs ont déjà fait savoir qu’ils n’entendent pas désigner de représentant au Conseil électoral provisoire parce que, selon eux, les conditions ne sont pas réunies pour la tenue d'élections dans le pays.

L’opposition a annoncé pour bientôt la reprise des mouvements de protestation à travers le pays pour forcer Jovenel Moïse à quitter le pouvoir au plus tard le 7 février 2021.



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