Protestations violentes à Gros-Morne, l’un des maires intérimaires annonce sa démission

Publié le 2020-07-15 | lenouvelliste.com

La commune de Gros-Morne est le théâtre de scènes de violence depuis vendredi. Suite à la publication de l’arrêté reconduisant les anciens maires à la tête de la municipalité, des voix s’élèvent pour exprimer leur désaccord. Des rafales d'armes, des manifestations teintées de violences, sabotage de biens publics sont entre autres des moyens utilisés pour contraindre l’exécutif à annuler sa décision.  

Dans le cadre des protestations, dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juillet 2020, des individus non identifiés ont incendié une benne à ordure et un bus d’écoliers garés dans la cour de l’hôtel de ville. Un salon de coiffure appartenant à un particulier est également incendié. Des pneus enflammés ont été placés devant l’entrée principale de l’hôtel de ville. 

Le centre-ville s’est réveillé ce mercredi sous une forte pression. Selon la mairesse Looligne Alexis, une partie du tronçon Gros-Morne/Port-de-Paix a été obstruée au niveau de rivière Blanche, 3e section, par des militants. Par la suite, le calme est revenu. Des patrouilles mobiles de l’Unité départementale de maintien d’ordre (Udmo) sillonnent les principales artères. Des mandats seraient décernés contre certains opposants soupçonnés d’alimenter les grabuges.  

Le leader du mouvement, Guerby Désir, a nié toute implication dans les actes de violence. Il accuse les proches du cartel de saboter les biens publics en vue de ternir l’image de l’opposition. « C’est un complot ! La justice doit interroger les quinze agents de sécurité de la mairie », s'est révolté M. Désir. Lui et ses camarades ont juré de boycotter l’installation du cartel. Le protestataire a notamment dénoncé la mauvaise gestion de Jean Renel Tidé. Selon lui, le maire aurait accaparé des propriétés privées et détourné des fonds destinés au développement de la commune. 

Looligne Alexis, membre du cartel, a condamné l’incendie de deux véhicules qui, souligne-t-elle, étaient très utiles à la communauté. Elle dénonce le comportement de certains protestataires qui auraient menacé d’incendier sa maison et plusieurs autres édifices si elle refuse de démissionner. Dans le souci de protéger les intérêts de la municipalité, la mairesse a annoncé sa démission. « Gros-Morne est notre commune. Elle doit passer avant tout », a soutenu Mme Alexis. Elle en a profité pour lancer un appel au calme.

Par arrêté présidentiel, Jean Renel Tidé, Looligne Alexis et Romain Augustin dont le mandat était arrivé à terme ont été reconduits à la tête de la municipalité de Gros-Morne. L’harmonie ne régnait pas au sein du cartel. Les autres maires dénonçaient le manque de transparence dans la gestion de M. Tidé. Depuis environ un an, M. Augustin se serait désolidarisé du maire. Il est actuellement au Canada.   

À l’instar de Gros-Morne, la transformation de presque tous les conseils municipaux en comissions communales par l’exécutif soulève la colère d’une frange des administrés. C’est le cas notamment des municipalités de Desdunes, Grande-Saline et des Gonaïves où des membres de la population exigent des choix concertés. 



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