Circulation illégale d’armes à feu

L’insécurité, l’un des plus gros problèmes du pays, selon Jovenel Moïse

Publié le 2020-06-30 | lenouvelliste.com

Pas moins de cinq personnes ont été tuées la semaine dernière dans des zones de l’aire métropolitaine. Si les gangs armés qui s’affrontaient dans plusieurs communes limitrophes de la capitale pour avoir le contrôle de plus de territoire ont observé une «trêve», l’insécurité n’a pas diminué pour autant. Dans une adresse à la nation lundi, le président de la République a salué la mémoire de toutes les victimes des actes d’insécurité de ces derniers jours dans le pays. Jovenel Moïse a demandé aux instances concernées de faire leur travail.

Personne ne peut déterminer avec certitude combien d’armes illégales sont actuellement en circulation sur le territoire. Souvent sur les réseaux sociaux, les groupes armés, pour montrer leur force de frappe, se font filmer avec des armes automatiques de grand calibre.

Le chef de l’État dit avoir instruit formellement les autorités compétentes de mettre hors d’état de nuire « tous les malfrats qui sèment la terreur dans les familles haïtiennes. La bataille n’est pas facile, mais la justice et la police doivent travailler ensemble pour donner des résultats dans la prévention de l’insécurité », a exigé Jovenel Moïse dans son adresse à la nation pour annoncer la reprise progressive des activités dans le pays après plus de trois mois d’état d’urgence sanitaire pour faire face à la propagation du coronavirus.

Si le ministre de la Justice et de la Sécurité publique avait ouvertement accusé les organisations de défense des droits humains d’être de mèche avec les groupes armés et de s’être opposés à des opérations pour déloger les gangs, le président de la République adopte une toute autre approche. « Mes frères et mes sœurs des associations des droits humains, c’est dans un travail conjoint avec les autorités, la société civile et tous les secteurs organisés que nous arriverons à déraciner le problème de la violation des droits humains en Haïti », a invité Jovenel Moïse.

Le chef de l’État a fait savoir qu’il est toujours touché par les différents rapports des organisations des droits humains. Au niveau du gouvernement, a-t-il souligné, les autorités cherchent à comparer les informations des organisations de défense des humains à d’autres informations. « C’est pourquoi j’ai passé des instructions au Premier ministre de poursuivre les enquêtes déjà entamées. Le respect des droits de l’homme c’est un devoir, une obligation… », a avancé le locataire du Palais national.

Jovenel Moïse a cependant indiqué que nous héritons d’un système qui nécessite beaucoup de changements. « Je crois qu’on doit remplacer ce système de jouissance dont profite un petit groupe… », a critiqué le chef de l’Etat.

Sans les citer directement, le président a voulu saluer la mémoire de Nancy Dorléans, 25 ans, et de son ami Sébastien Petit, dit « Babas », deux jeunes danseurs dont les corps calcinés ont été retrouvés la semaine dernière dans la commune de Tabarre. Les deux jeunes avaient quitté leur domicile le mardi 23 juin pour ne plus jamais y revenir.

Le week-end écoulé, Norvella Bellamy, 56 ans, haut cadre de la Banque de la République d'Haïti (BRH), Daphnée Fils-Aimé, la mère de son fils de quatre ans, et un homme dont l’identité demeure encore inconnue ont été tués par balle, à la rue Lespinasse, Delmas 75, presque en face de l’hôpital Espoir, le samedi 27 juin 2020.

Selon le juge de paix suppléant de Delmas Jean Flaury Raymond, citant le témoignage d’une femme de ménage, les victimes participaient à « une réunion politique du Parti Regroupement patriotes responsables (RPR) quand une discussion a éclaté et des coups tirés ». 



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