Hausse des homicides et des cas de kidnapping, selon le BINUH

Publié le 2020-06-22 | Le Nouvelliste

Les homicides intentionnels et les cas de kidnapping ont augmenté de manière exponentielle en Haïti au cours des quatre premiers mois de l’année 2020. « Entre le 1er janvier et le 31 mai, le nombre d’homicides intentionnels signalés à la Police nationale d’Haïti a augmenté de 33 %, faisant 616 victimes, à savoir 591 hommes, dont 11 agents de police, 19 mineurs et 25 femmes, dont 4 mineures », a révélé le rapport sur la situation générale du pays présenté au Conseil de sécurité par la cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Helen Meagher La Lime, le 15 juin 2020.

Le rapport révèle que « soixante-quinze pour cent de ces cas ont été enregistrés dans le département de l’Ouest, où le niveau de criminalité est traditionnellement plus élevé en raison des bandes organisées qui se disputent le contrôle des quartiers marginalisés de Port-au-Prince ».

Kidnapping : augmentation de 200 %

« Au début de l’année 2020, Haïti a connu une augmentation de 200 % du nombre d’enlèvements signalés, 92 cas ayant été signalés à la Police nationale d’Haïti entre le 1er janvier et le 31 mai (57 victimes de sexe masculin, dont 11 mineurs, et 35 de sexe féminin, dont 8 mineures). Le nombre d’enlèvements a connu un pic en février, 50 cas ayant été signalés durant ce mois, puis a baissé en mars et mai, 25 cas ayant alors été enregistrés », selon ce rapport du BINUH.

« Comme les bandes organisées locales ont dû trouver d’autres sources de revenus après la fin du peyi lòk, les affrontements entre bandes rivales se sont ravivés et des changements d’organisation et d’alliance sont survenus. Ce phénomène a été particulièrement frappant à Port-au-Prince (département de l’Ouest) et dans le département de l’Artibonite, où des épisodes liés aux bandes ont régulièrement été signalés à Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Martissant et Village-de-Dieu au cours des deux premiers mois de 2020, alors que les bandes tentaient d’agrandir leurs zones de contrôle respectives », a expliqué le rapport.

« Le regain d’intérêt pour la mobilisation des ressources aux fins de la période consécutive au peyi lòk pourrait avoir contribué à la multiplication des enlèvements en février, qui a conduit le Canada, les États-Unis d’Amérique et la France à émettre des avis dissuadant les voyageurs de se rendre en Haïti », a poursuivi ce rapport, soulignant que « la Police nationale d’Haïti a lancé des opérations de grande envergure, fondées sur des renseignements de meilleure qualité et des stratégies de ciblage améliorées, afin d’endiguer la vague d’enlèvements ».

« Les arrestations de membres et de chefs de bandes organisées sont passées de 169 en janvier et février à 232 en mars et avril, et le nombre d’enlèvements a considérablement baissé depuis mars. Les opérations de lutte contre les bandes se sont poursuivies alors même que la police était mobilisée pour faire respecter les mesures imposées par les pouvoirs publics dans le contexte de l’épidémie de COVID-19 », selon ce rapport qui indique que « la violence des bandes a cependant atteint son apogée durant la seconde moitié du mois d’avril ».

Cette violence des gangs s’est caractérisée par « une série d’affrontements entre bandes et avec la police, dans les quartiers de Bicentenaire, Grand-Ravine, Martissant et Village-de-Dieu de Port-au-Prince, les membres des bandes ayant commencé à résister aux mesures de dissuasion mises en place par la police pour empêcher les enlèvements ». Le rapport ne fournit pas d’informations sur le nombre d’enquêtes diligentées et bouclées par la PNH.

Ici, la formule est consacrée : l’enquête se poursuit. Et l’impunité devient la règle alors que le décompte des assassinats se poursuit avec, cette semaine, ceux d’un couple, à Péguy-Ville, et d’un substitut du commissaire du gouvernement.

Ses derniers articles

Réagir à cet article