BINUH/Rapport/Conseil de sécurité

La PNH sans grands moyens, 17 millions de dollars pour pacifier les quartiers chauds

Publié le 2020-06-22 | lenouvelliste.com

« L’unique force de sécurité d’Haïti est toujours confrontée à de graves difficultés financières en raison de la stagnation du budget national depuis 2017 », a indiqué le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) qui se fend d’une mise en garde par rapport aux conséquences dans le rapport présenté au Conseil de sécurité, 15 juin 2020. « Sans une augmentation considérable du financement, le fonctionnement de base va être compromis », a prévenu le BINUH. 

Si la Police nationale d’Haïti (PNH) est dans la dèche, en sous-effectif alors que les gangs armés renforcent leurs présence et influence sur le territoire, des montants importants sont prévus dans le cadre d’un projet de travail contre rémunération dans les quartiers défavorisés où le climat est tendu. La Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CNDDR), a révélé le rapport du BINUH, «doit jouer un rôle clé dans le décaissement de la première tranche de 17 millions de dollars d’un projet financé à hauteur de 40 millions de dollars par la Banque interaméricaine de développement, qui comprend un important volet "travail contre rémunération " dans les quartiers contrôlés par les bandes armées ».

Le rapport du BINUH  a salué le travail de la CNDDR. « La Commission haïtienne de désarmement, de démobilisation et de réinsertion s’affirme de plus en plus comme l’entité du pays assurant l’encadrement stratégique des interventions de lutte contre la violence de proximité. Le 4 mai, elle a soumis une stratégie nationale au Premier ministre pour approbation. Le texte a été rédigé en consultation avec des partenaires nationaux et internationaux, avec les conseils techniques de l’ONU », a indiqué le rapport, soulignant que « la Commission a contribué à l’obtention d’une trêve temporaire d’un mois entre les bandes rivales dans le quartier de La Saline à Port-au-Prince et dans les zones adjacentes »

Des difficultés de la PNH

« Le processus de recrutement de nouveaux policiers et gardiens de prison a été suspendu en raison du manque de fonds pour payer les recrues. Si l’on ajoute à cela le taux d’attrition actuel, qui se situe en moyenne à environ 400 agents par an, et sachant que seuls 2 370 cadets ont rejoint les rangs de la police entre 2017 et 2020, la Police nationale d’Haïti n’atteindra pas l’objectif de 4 000 agents supplémentaires (dont 12 % de femmes) d’ici à 2021 fixé dans son plan de développement stratégique 2017-21 », selon ce rapport.

15 172 policiers pour plus de 11 millions d’habitants…

« Au 4 mars, les effectifs se composaient de 15 172 policiers, avec une représentation féminine d’un peu plus de 10 pour cent ; un tel effectif correspond à un ratio de 1,3 policier pour 1 000 habitants, ce qui est inférieur à la norme internationale de 2,2… », a mis en avant ce rapport.



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