Maladie, météo et mauvaises récoltes nous menacent

Publié le 2020-05-28 | Le Nouvelliste

Mai s’achève. Mais nous laissera la Covid-19. 

Juin s’annonce, la saison cyclonique arrive. 

Haïti enfile les problèmes comme des perles dans un chapelet.

Les catastrophes naturelles se cachent cette année sous le manteau d’épidémie, de pandémie et, qui sait, porteront des noms de personnes si les ouragans nous dévastent dans les mois qui viennent.

Les autorités doivent être sur tous les fronts. Continuer la veille sanitaire et ajuster la réponse. Monter la veille météorologique pour éviter les surprises.

Ce ne sera pas simple.

Déjà à chaque pluie son lot de problèmes, un cyclone mal géré serait de trop.

Les prévisions des experts météo parlent d’une saison très active pour la région caraïbe. Les responsables de la Protection civile doivent anticiper le pire. Ici, un front froid, une onde tropicale, une dépression tropicale, un ouragan de n’importe quelle catégorie peut causer des dommages graves.

En plus des inondations possibles, à chaque fois que la menace cyclonique revient, on se pose la question des risques pour le secteur agricole. Comment investir et atteindre ses espérances quand une pluie, des rafales de vents ou la sécheresse peut tout remettre à plat et emporter les récoltes ?

Rien n’est garanti.

Planter est comme jouer au casino dans certaines régions du pays. Et les perdants au jeu du labeur et du labour sont toujours les mêmes. Ceux qui investissent leur temps et leur sueur sans filet de protection.

Sans crédit, sans assurance, avec une population vieillissante dans les campagnes et des villes de plus en plus attractives pour les jeunes, l’équation de la production nationale qui passe par la terre est de plus en plus aléatoire.

Là encore, les autorités ont du pain sur la planche… si on part du principe qu’elles disposent de farine et de bois.

L’agriculture est mal aimée en notre pays qui se veut principalement agricole.

Les voyants du Conseil National pour la Sécurité Alimentaire (CNSA) sont au rouge. En plus de la maladie, nous risquons une forte augmentation du nombre de nos compatriotes en insécurité alimentaire, et la probabilité d’avoir des poches de famine dans certains points du territoire n’est pas négligeable. 

Avec un dollar qui vaut plus de 110 gourdes, ce ne sont pas les importations qui vont soulager la misère ambiante.

2020 est déjà l’année de la maladie, la fameuse fièvre qui tue. Elle risque de nous apporter des ouragans et de nous priver de nos récoltes pendant que la vie chère augmente.

Les autorités doivent être attentifs, "veyatif" même. Et chacun doit l’être cent fois plus.

Frantz Duval
Auteur
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