T-Vice : Un flashback à la hauteur de toute espérance

PUBLIÉ 2020-05-25


Certains ont revécu des souvenirs d’enfance. D’autres, des temps de leur tendre jeunesse. Douce et heureuse nostalgie. À un moment où chaque seconde de la vie se fait davantage précieuse. Cet instant où le coronavirus questionne notre existence et contraint l’humanité à l’essentiel. C’est dans ce contexte que le train des Vice 2K nous a ramenés, le samedi 23 mai 2020, en 1992 et années suivantes. Plus de décennies en arrière afin d’échapper au présent. Et surtout contribuer. S’engager pour la vie. S’engager pour sauver l’hôpital de Fermathe. Une institution qui dessert la population haïtienne depuis 60 ans.

Samedi soir, T-Vice l’a donc joué comme aux années d’or du groupe pour 14 000 internautes accrochés à leur smartphone ou tout autre appareil électronique. Ils ont joué à quatre. Le fameux 4 As de l’époque. Roberto et Reynaldo Martino, James Cardozo et Mackenson Lubin (qui a remplacé, vu les circonstances, Gerald Kébreau), ou encore Felder Antoine, l'actuel bassiste du groupe. Un flashback en format drum machine qui a révélé les rose et jaune sous leur plus beau jour. Notamment leur cher maestro. Oui, on n’a jamais vu un Reynaldo aussi aux anges et moins timide derrière son clavier. Baby Rey, tel que le surnomme son grand frère, aurait pu cette nuit-là concurrencer un poisson dans l’eau. Il était à point, dans son élément, et prouvait qu’il avait les techniques du drum machine dans sa poche.

Les fans des Mèt beton n’ont pas enduré les interminables spots publicitaires pour rien. Y compris les anciens tubes du groupe diffusés avant le coup d’envoi de cette soirée introduite depuis Haïti par Carel Pèdre. Quand les protégés de Jessie Al-Khal se sont enfin amenés dans leur déguisement mode "Casa de papel" (combinaison rouge et masques), c’était pour un sans-faute couronné d’une parfaite sonorisation et d’un beau décor. Conscients de l’attente, une fois en position, ils n’ont pas pipé mot. Pas sans avoir servi le tout premier morceau d’antan : « Sa m fè m ap peye ? ». S’en sont suivis, tels que promis par Roberto Martino dans une interview donnée la veille à Ticket, les titres «Tu me touches », « Ti kè m k ape bat », « Pa fè mwen la penn », « Sensation », « Si se lòv », « Gason makomè », entre autres, pour conclure cette première partie.

La deuxième partie allait débuter comme la précédente. Tout feu tout flamme, avec « Medikaman ». Rien n’a changé, sinon leurs tenues. Pour cette fois, ils portaient tous du noir, à l’exception de leur lead vocal habillé d'une blouse bleue et d'un masque chirurgical noir. C’était en hommage aux personnels médicaux en première ligne face à la Covid-19. « J’offre mon support à tous ceux qui se mettent en danger pour nous prodiguer les soins nécessaires », a introduit l’ainé des frères Martino. « Adorasyon m », « Innocent », entre autres interprétations, ont garni cette seconde tranche.

Au terme de ce voyage, la satisfaction n’a pas été uniquement dans le camp des fans. Du côté des principaux protagonistes, c’était de la joie à en revendre après la réalisation de cette soirée concoctée depuis des jours. « Nous sommes hyper satisfaits. La soirée a été inoubliable. La prestation a impressionné et ravi le public. C’était comme si on n’avait jamais mis de côté le format drum machine. Chaque chanson interprétée m'a conduit à une époque de ma vie. Un lieu où nous nous produisions. Nos débuts. Le temps de notre insouciante jeunesse », a affirmé Roberto Martino, soulignant par ailleurs que la collecte de fonds en faveur de l’hôpital de Fermathe se poursuit jusqu’au vendredi 29 mai 2020. Selon un tweet de Carel Pèdre, l’un des parties prenantes de l’évènement, la somme se révèle déjà fort intéressante et le chèque sera remis aux bénéficiaires le lundi 1er juin.



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