De la difficulté de bien riposter face au coronavirus

Publié le 2020-05-20 | lenouvelliste.com

Cette fois, on y va pour deux mois. L’état d’urgence sanitaire est reconduit et prolongé par décision prise en Conseil des ministres. Soixante jours d’un coup.

Le président, le premier ministre et les ministres ont aussi décidé de rendre le port du masque obligatoire. Un rappel d’une mesure difficile à faire appliquer.

Deux mois d’état d’urgence est le signe que l’exécutif prévoit des moments difficiles pour le pays dans les semaines à venir.

Cette décision arrive au moment où le nombre de cas de personnes contaminées augmente rapidement de façon significative.

La maladie est devenue une réalité dans les conversations. Même le déni des premiers jours change de forme.

Chacun connaît quelqu’un qui a une fièvre, la toux ou des maux de tête et surtout quelqu’un qui connaît quelqu’un qui est testé positif à la Covid-19. La pandémie est en Haïti, parmi nous, entre nous. La réalité nous expose à la figure alors que la période de prévention a été gaspillée.

Dans le même temps, chacun a une légende urbaine sur la Covid-19. Une histoire abracadabrante, touchante ou terrible sur la façon dont les gens appréhendent la maladie, sur son traitement ou sur la vision des uns et des autres du travail des autorités sanitaires.

Haïti fait flèche de tout bois ces jours-ci. Des équipements sont achetés. Après, on monte une cellule scientifique et une commission multisectorielle.

On ne parle avec la République dominicaine que deux mois après avoir fermé la frontière entre les deux pays tout en ne gérant pas systématiquement le retour de nos compatriotes.

On appelle à l’aide Madagascar. On va recevoir le remède naturel prôné par le président de ce pays, mais la cellule scientifique haïtienne parlera au conseil scientifique malgache après coup.

Alors que l’évolution de la maladie porte la cellule scientifique à préconiser au premier ministre le confinement de la population, on va essayer d’imposer pour de bon le port du masque.

On ne sait pas si c’est un problème de charrue ou de bœufs, mais il y a un petit problème de timing dans certaines décisions.

Face à une maladie nouvelle et déroutante, tout le monde essaie de faire pour le mieux sans savoir ce qui est vraiment la meilleure option.

Nou mele anba kowona. N ap ranpe pou nou sòti.



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