Haïti/Santé

Les sages-femmes : des professionnelles utiles, encore méconnues

Publié le 2020-05-07 | Le Nouvelliste

La Journée internationale de la sage-femme a été célébrée le mardi 5 mai 2020 autour du thème  « Les sages-femmes avec les femmes : célébrer. Mobiliser. Unifier ». L’Association des infirmières sages-femmes d’Haïti (AISFH) en a profité pour mettre les projecteurs sur cette branche médicale encore méconnue dans la société haïtienne.

C’est dans leur local à Delmas 19 que des membres de l’Association des infirmières sages-femmes d’Haïti (AISFH) ont célébré la Journée internationale des sages-femmes. Dans le contexte de la pandémie de coronavirus, les responsables de l’organisation se sont contentés de délivrer à la presse un message de circonstance. « Ces femmes et ces hommes contribuent – aux côtés des autres professionnels de la santé - à promouvoir la santé des femmes, de leurs enfants et de leurs communautés dans des conditions de travail souvent éprouvantes », a expliqué la présidente de l’ISFH, Marie Jasainte Doriné.

Selon un communiqué de l’AISFH, l’édition 2020 de la Journée internationale de la sage-femme a une envergure particulière, étant donné que l’Organisation mondiale de la santé a décrété 2020 « Année internationale de la sage-femme et du personnel infirmier. Cette journée intervient aussi dans un contexte de crise sanitaire mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19.

En dépit de la menace du coronavirus, les sages-femmes sont toujours fermes au poste. « Les femmes continuent de tomber enceintes et de donner naissance », a souligné Mme Doriné pour dire que les sages-femmes ont toujours du boulot en dépit du coronavirus. Elle conseille, toutefois, ses collègues ainsi que les femmes enceintes à se protéger en suivant les conseils des autorités sanitaires.

L’AISFH, dans son communiqué, a aussi invité les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes et allaitantes à continuer à rechercher les services de santé disponibles, tout en respectant les mesures de prévention du Covid-19. L’AISFH encourage aussi les femmes à maintenir le dialogue avec les sages-femmes et les prestataires de soins de leurs zones tout au long de leur vie reproductive.

Dans le contexte du coronavirus, les sages-femmes invitent aussi les autorités sanitaires haïtiennes et les organismes de coopération à intensifier leurs efforts pour maintenir les soins de santé maternelle, néonatale et reproductive et diminuer le risque d’une augmentation des cas de grossesse non désirée, de décès évitables des mères et de leurs enfants, et d’une exposition accrue des femmes à la violence basée sur le genre.

Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) est l’un des partenaires de l’AISFH. Vavita Leblanc, responsable de santé maternelle à l'UNFPA, souligne l’importance de la profession de sage-femme pour Haïti où bon nombre de femmes continuent d’accoucher dans des conditions mettant leur vie en danger. « Nous faisons la promotion de la profession de sage-femme en Haïti, c’est l’une des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé », précise Mme Leblanc. Elle rappelle que l'UNFPA soutient le développement de la profession de sage-femme en Haïti depuis les années 2000. Grâce au projet « Saj fanm pou fanm » financé par le Canada à hauteur de 12 millions de dollars sur cinq ans, deux antennes de l’Institut national supérieur de sages-femmes seront placées dans le Nord et dans le Sud en vue d’augmenter le nombre de sages-femmes dans le pays. « D’ici à deux ans, nous comptons arriver à une couverture de 26% du territoire en matière de sage-femme », a dit Vavita Leblanc, soulignant que la couverture était à 10% au début du projet, il y a trois ans.

Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), dans le cadre du projet ‘’Saj fanm pou fanm’’, doit assurer le déploiement des sages-femmes formées à travers le pays. Il est aussi prévu un volet de régulation de la profession de sage-femme. « On doit éviter ce qui se passe avec la profession d’infirmière où les écoles poussent en dehors des normes », prévient la responsable de Santé maternelle à l'UNFPA.  

Haïti dispose aujourd’hui d'environ 300 sages-femmes diplômées. Le pays en a besoin de 1 500 à 2 000 pour une bonne couverture du territoire. C’est l’un des défis que les autorités haïtiennes et leurs partenaires entendent relever. L’autre défi que les sages-femmes doivent relever, d’après Marie Jasainte Doriné, c’est de faire mieux connaître la sage-femme qu’on ne voit pas toujours, en Haïti, comme une profession médicale.

Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".