Energie électrique

Jovenel Moïse maintient sa promesse de courant 24 sur 24 et dénonce un boycottage de l’Ed’H

Publié le 2020-05-04 | lenouvelliste.com

Depuis que le gouvernement a pris le contrôle des centrales (Varreux I et II) autrefois dirigées par la Sogener l’année dernière, l’Ed’H s’est retrouvée en grande difficulté pour alimenter l’aire métropolitaine en électricité. Ces dernières semaines, la situation s’est totalement détériorée. La ville est plongée dans le noir plusieurs jours suite dans certains quartiers. Le président de la République, dans son discours du 1er mai à l’occasion de la fête de l’Agriculture et du Travail, a dénoncé un boycottage de l’Ed’H et réitéré sa promesse de fournir le courant électrique 24 sur 24 sur tout le territoire. Cette fois, Jovenel Moïse s’est gardé de donner de date pour la matérialisation de sa promesse. Le délai de 24 mois qu’il s’était accordé a expiré plusieurs mois. 

Sans donner de précisions, le président Jovenel Moïse a salué la décision du ministre des Travaux publics de renforcer son contrôle dans la distribution du courant électrique dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Pour le chef de l’État, ce n’est pas normal que plusieurs zones de l’aire métropolitaine n'aient pas d'électricité durant cinq à six jours.

Selon Jovenel Moïse, avec les 75 mégawatts disponibles actuellement, l’Ed’H devrait pouvoir alimenter avec un minimum d'électricité tous les 45 circuits. Puisque cela n’a pas été fait, le président évoque un boycottage de l’Electricité d’Haïti. Pour le locataire du Palais national, des gens ont fait le serment de voir le pays sombrer à jamais dans le black-out. « Nou konprann, nou konprann klè, nou se granmoun sove… », a-t-il lâché.

Encore une fois, le président a déclaré que c’est le système qui empêche le pays d’avoir de l’électricité. « Quand vous construisez votre richesse en détruisant une majorité, ce n’est pas une richesse. Vous êtes une oligarchie corrompue… », a dénoncé Jovenel Moïse en s’adressant à un groupe de personnes sans les citer.

Trois ans après, Jovenel Moïse continue d’annoncer un changement dans la matrice énergétique du pays pour sortir de la production de l’électricité aux produits pétroliers pour passer définitivement au gaz naturel. Pour lui, les bienfaits de la réforme dans le secteur de l’énergie ne seront pas connus dans le court terme. Le président a comparé les réformes dans le secteur de l’énergie à l’accouchement d’une femme enceinte. « Il y a toujours de la douleur dans l’accouchement, tout comme ce sera douloureux les réformes dans le secteur de l’énergie, parce que les mauvaises habitudes ont la vie dure », a déclaré le président.

Citant un document de la Banque mondiale, le chef de l’Etat a affirmé que le pays a la capacité de produire environ 4 000 mégawatts d’électricité éolienne, à partir des installations flottantes, c’est-à-dire des installations sur la mer. « Dans 10 ans, si l'on commence dès maintenant, on peut sortir définitivement dans les produits pétroliers pour produire de l’électricité pour passer à cent pour cent à l’énergie renouvelable », a avancé Jovenel Moïse, soulignant qu’entre 600 et 700 mégawatts sont nécessaires pour alimenter tout le territoire.

Le président s’est gardé de dire pourquoi les parlementaires n’avaient pas voté avant la fin de leur mandat l’accord-prêt de 150 millions de dollars avec le Taïwan pour le renforcement du réseau électrique dans le pays. « En tant que chef d’État responsable, il y a des choses que je ne peux pas révéler. Mais je peux vous dire que beaucoup de gens avaient reçu de l’argent pour empêcher le vote en faveur de l’accord sur les 150 millions de dollars », a dénoncé Jovenel Moïse. Il faut souligner que le président avait la majorité dans les deux branches du Parlement.

Selon le chef de l’État, personne ne peut empêcher actuellement le décaissement de ces 150 millions de dollars. « Ces fonds vont permettre la reconstruction du réseau électrique de la zone métropolitaine », a annoncé Jovenel Moïse. Il se dit plus que jamais déterminé à donner de l’électricité partout sur le territoire. 

Entre l’annonce de l’accord avec Taïwan et aujourd’hui, deux ambassadeurs représentant Taipei ont quitté Port-au-Prince, et le partenaire d’Haïti dans le projet électrique est actuellement représenté par un chargé d’affaires après des échanges vifs entre le président Moïse et le dernier ambassadeur en poste. 



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