Il n’y a pas que le coronavirus comme problèmes

Publié le 2020-04-24 | lenouvelliste.com

Le Covid-19 avance. Les prévisions des experts pour Haïti peuvent se produire dans toute leur brutalité ou nous effleurer, nous esquiver.

L’avenir nous le dira.

Haïti a des faiblesses qui paraissent la condamner. Mais aussi qui la protègent. 

Nous n'avons pas de métro climatisé et bondé. Pas de salles de cinéma ni de spectacle. Pas de restaurant ni de lieu de fête pour des milliers de gens. Pas de stade ni arène pour de grands rassemblements. Il n'y a pas eu de carnaval cette année et les touristes ne viennent plus ici en nombre. 

Cela ne signifie pas que ce qui se passe ailleurs est pour ailleurs. Les Etats-Unis ont plus de cinquante mille morts, la Chine craint de voir l’épidémie repartir sur son sol. C’est loin. Mais restons vigilants.

En attendant, il y a d’autres problèmes sur la liste de nos maux de tête.

Les Haïtiens de la République dominicaine et des États-Unis sont nombreux à être au chômage. Les activités ont baissé dans tous les bassins d’emplois de la diaspora. En Amérique latine comme en Europe ou dans les Antilles, les temps sont durs. Dans les jours à venir, les transferts seront plus petits. La Banque mondiale a fait ses calculs.

Les autorités haïtiennes ont tenu une conférence de presse ce vendredi en fin d’après-midi. À les entendre, il était urgent d’adresser le problème des salaires non versés depuis plusieurs mois pour des promotions entières de la Police nationale d’Haïti. Une manifestation est annoncée pour lundi. L’État désamorce la bombe revendicatrice. Il essaie.

Pas besoin d’attendre des études pointues pour savoir que le pays peut rentrer dans une nouvelle phase de «lòk» si des policiers insatisfaits manifestent armes en main comme en février dernier.

À la même conférence de presse, les autorités politiques, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et le premier ministre étaient au pupitre, ont annoncé l’ouverture prochaine d’audits sur la Police nationale d’Haiti.

Chasse aux sorcières ou guerre de succession, toute affaire d’argent, de gestion de dépenses dans un corps armé n’est jamais simple.

Toujours dans le chapitre de la sécurité, l’État lance un ultimatum aux résidents paisibles de Village-de-Dieu. Trois jours. «Pou yo bay zòn nan blanch».

Quel est le plan ? Quel est le projet ? Trop tôt pour le savoir.

Depuis qu’il est à la Primature, Joseph Jouthe souffle le froid et le chaud, le chaud et le froid, sur la police et les bandits. Chacun en ce qui le concerne.

On ne sait pas sur quoi cela va déboucher.

Denier point sur la liste de nos problèmes: les indicateurs prédisent à cause de mille raisons internes et externes que insécurité alimentaire, faim, famine, tour à tour ou ensemble, menacent beaucoup de pays. Dont Haïti.

Les experts ajoutent que notre pays est le plus menacé de notre hémisphère.

Toutes les prévisions peuvent se révéler fausses. C'est le propre des prévision de ne pas toujours avoir raison.

Cela dit, «prekosyon pa kapon».

Pour le coronavirus, la sécurité, la crise économique ou alimentaire, mieux vaut prendre toutes les mesures au niveau pays et personnel pour réduire les impacts.

Tout problème est un problème de trop de nos jours.



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