CNSA/ Bulletin

Hausse de 4% du panier alimentaire en mars 2020

Publié le 2020-04-22 | lenouvelliste.com

Sur les différents marchés locaux, la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) dit avoir constaté - dans son bulletin intitulé « panier alimentaire et conditions de sécurité alimentaire » du mois d’avril - une augmentation de 4% de la valeur du panier alimentaire constitué des produits de base : le riz- le haricot - la farine de blé - le maïs - le sucre - l’huile végétale au cours du mois de mars. Le coût nominal moyen du panier, en mars 2020, se situe autour de 1 960 gourdes par personne sur une base mensuelle contre 1 563 gourdes en mars 2019, soit une hausse de 25%. Pour une famille de 5 personnes, la valeur monétaire du panier s’élève à 9 800 gourdes par mois. En février 2020, le prix du panier alimentaire tournait autour de 1 880 gourdes.

Considérant le panier alimentaire sur la base des 2 100 kilocalories recommandées, un ménage de 5 personnes aurait besoin d’environ 11 000 gourdes pour se procurer les aliments de base. « La panique liée à la crise sanitaire du Covid-19, l’appréciation du dollar américain par rapport à la monnaie locale et la fermeture de la frontière haïtiano-dominicaine, la faible réussite de la campagne d’hiver expliquent la hausse de 4% en rythme mensuel de la valeur du panier au cours du mois de mars 2020 », révèle la CNSA, précisant que les plus fortes augmentations s’observent respectivement sur les marchés des Cayes (+7%), de Hinche (+7%), de la Croix-des-Bossales (+6%) et de Jérémie (+5%). Sans les autres régions, le coût du panier alimentaire accuse une hausse allant de 1 à 3 %.

Port-de-Paix, Jérémie, Cayes, Jacmel, Ouanaminthe et Port-au-Prince sont les régions les plus touchées par cette hausse de 4% en rythme mensuel du panier alimentaire. Le riz, le haricot, l’huile végétale et le sucre sont les produits du panier qui ont connu les plus fortes augmentations. Quant à la hausse de 25% en glissement annuel, elle résulte de la détérioration du taux de change (provoquée, entre autres, par le déficit budgétaire) et des troubles sociopolitiques enregistrées au cours de l’année 2019 qui représentaient une entrave à la circulation des biens et services. La CNSA a aussi souligné une augmentation des cours du riz sur le marché international durant le premier trimestre 2020 respectivement de 3%, 5% et 4%.

Environ 4,1 millions de personnes se trouvaient en insécurité alimentaire en octobre 2019, d’après la CNSA. De l’avis de la CNSA, les chiffres sont probablement à la hausse mais pas suffisamment élevés pour que les zones changent de phase. « Plus de 40% de la population haïtienne sont pour l’instant en insécurité alimentaire en raison des conséquences des troubles sociopolitiques récurrents depuis plus d’un an, la tendance à la persistance de l’inflation et de la dépréciation de la gourde et le ralentissement des activités économiques dû à la crise du Covid-19. En plus du bas-Nord-Ouest et les quartiers très pauvres de Cité Soleil, la zone côtière de la Grand-Anse et une bonne partie de l’Ouest, hormis la zone métropolitaine, sont également en situation d’urgence (phase 4) », alerte la CNSA.

Aussi, la CNSA dit prévoir que les conditions de sécurité alimentaire demeurent préoccupantes en Haïti pour les prochains mois à cause de la période de soudure et le ralentissement des activités économiques dans un contexte de lutte contre le coronavirus. « La disponibilité alimentaire des produits locaux est habituellement réduite en ces périodes de préparation et de la mise en œuvre de la campagne de printemps. En outre, l’accès aux aliments de base pour les plus vulnérables est aussi affecté négativement par la hausse des prix des produits alimentaires de base en raison de la non-disponibilité de certains produits locaux et du ralentissement dans l’approvisionnement des marchés sous la panique du Covid-19. Il y a également les restrictions liées au Covid-19 impactant les moyens d’existence des ménages », explique la CNSA, soulignant une fois de plus l’impact de la fermeture des frontières terrestres avec la République dominicaine sur la disponibilité de certains produits.

« Si les efforts du gouvernement et des acteurs non étatiques pour soutenir les familles les plus vulnérables ont permis de stabiliser la situation de sécurité alimentaire de certains ménages, ils ne permettent pas de changer les phases de sécurité alimentaire qui ont été projetées pour la période allant de mars à juin 2020 », annonce la CNSA.



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