Covid-19: le ministère du Commerce dit s'attaquer au « marché noir »

Publié le 2020-03-23 | Le Nouvelliste

Alors que la fixation des prix, excepté les produits pétroliers, est totalement libre en Haïti, le ministère du Commerce a procédé cette fin de semaine à des vérifications dans des supermarchés et pharmacies de la région métropolitaine. Le ministère du Commerce avait prévenu les commerçants qui profitent du Covid-19 pour augmenter leurs marges qu’ils s’exposaient à des poursuites. 

Le journal a appris que des inspecteurs du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) sont à pied d’œuvre depuis 2 jours pour vérifier les prix dans des supermarchés et pharmacies de la région métropolitaine. Sur les réseaux sociaux circulent des vidéos d’actions coup-de-poing. L’unité de communication du MCI a fait état de plusieurs arrestations. 

Alors que l’arrivée du coronavirus en Haïti provoque la panique chez la population, le ministère du Commerce et de l’Industrie entend protéger les consommateurs contre le marché noir. Le ministre  Jonas Coffy avait publié le 20 mars un communiqué pour mettre en garde les commerçants. « Le ministère du Commerce et de l’Industrie met en garde tous les commerçants sur le territoire national qu’il leur est strictement interdit de profiter de la situation de panique provoquée par l’intrusion du coronavirus dans le pays pour pratiquer la spéculation illicite, c’est-à-dire le marché noir. »

Le MCI rappelle à tous que le trafic du marché noir expose la sécurité des familles à de graves préjudices, en les privant des produits essentiels à leur subsistance par la hausse injustifiée des prix des marchandises, résultant en une augmentation anormale du coût de la vie », peut-on lire dans le communiqué. 

Plus loin, le ministre du Commerce a rappelé ce que prévoit la loi pour sanctionner les auteurs de telles pratiques. « Le MCI rappelle aux commerçants que les dispositions légales sur le marché noir prévoient une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 5 ans et une amende jusqu’à 100 000 gourdes ( loi sur la spéculation illégale) », a fait savoir le titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie. 

Ce lundi, l’unité de communication du MCI  a fait savoir dans une note que le ministère avait dépêché le dimanche 22 mars 2020 trois brigades d’inspection dans la région métropolitaine, notamment à Port-au-Prince, à Delmas, à Pétion-Ville et à Tabarre. Ce, pour vérifier la variation des prix des produits alimentaires, hygiéniques et pharmaceutiques dans les centres de vente, dont les supermarchés, depuis l’intrusion du Covid-19 dans le pays. « C’est le ministre Jonas Coffy en personne, accompagné des inspecteurs du MCI, d’un juge de paix de Pétion-Ville, du Parquet de Port-au-Prince, et des agents de la PNH, qui a conduit cette opération à Pétion-Ville. Trois responsables de supermarchés et de pharmacies inspectés à Pétion-Ville ont été arrêtés dans le cadre de cette vaste opération qui vise à protéger les consommateurs contre la spéculation illicite. Ces responsables de centres commerciaux ont été surpris de pratiquer le « marché noir ». En effet, un responsable du supermarché Fresh-Mart et un autre de la pharmacie Rx Obonsoins ont été arrêtés pour spéculation illicite et conduits dans le commissariat de Pétion-Ville. Un responsable du supermarché Compas Market a été, lui, arrêté pour obstruction au travail du ministère. Quant au supermarché Caribbean Market, il a été constaté par les inspecteurs qu’il pratiquait également le marché noir mais le responsable était introuvable », peut-on lire dans la note. 

L’unité de communication du MCI  a également fait remarquer que parmi les supermarchés visités à Pétion-Ville, les inspecteurs ont remarqué que seuls les supermarchés Big Star et Giant n’ont pas profité de la période de panique provoquée par l’intrusion du coronavirus dans le pays pour pratiquer le marché noir. « Cependant, les inspecteurs ont aussi remarqué que les supermarchés n’ont pas indiqué les prix sur la majorité des produits sur leurs rayons », ajoutant qu’à Port-au-Prince et à Delmas, les responsables de Piyay Market et de la pharmacie Rophar ont été également arrêtés pour « marché noir ». 

« Le gouvernement haïtien, à travers le ministère du Commerce et de l’Industrie, entend accompagner toutes les entreprises haïtiennes, mais il s’engage également, dans cette situation de panique générale, à garantir le droit des consommateurs haïtiens et combattre avec rigueur la pratique du marché noir dans le pays, condamnée par la loi de décembre 1948 sur la spéculation illégale », soutient l’unité de communication. 

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