L'information et l'argent, nerfs de la guerre contre le coronavirus; 14 milliards de dollars d'aide disponibles

Publié le 2020-03-20 | lenouvelliste.com

Le plus grand défi face à la pandémie de coronavirus, c’est sa vitesse ! Nous sommes dans un sprint, pas dans un marathon. Un bon départ et on distance le virus. Un mauvais démarrage nous éloigne de la ligne de vie et la mort nous rattrape. L’Italie, la France et l’Espagne, les trois pires élèves de l’Europe dans l’apprentissage du combat contre le coronavirus qualifié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’ennemi de l’humanité, avaient tous raté leur départ.

C’est connu, Haïti est un pays riche en pauvres. Le vingtième pays le plus pauvre de la planète. Des millions d’Haïtiens n’ont pas les armes les plus basiques pour entrer dans cette guerre contre le virus : l’eau courante et le savon. La méconnaissance de la maladie et des moyens de la combattre entravant, sans doute, nos avancées, si nous n’y remédions pas avec une campagne d’éducation, de sensibilisation et d’informations aiguës et efficaces.

Sachant que la force de l’ennemi c’est le corps à corps,  comment éviter une hécatombe lorsqu’on connaît la promiscuité et le niveau de vie misérable de plus de la moitié de la population ? Au moment d’écrire ce texte, nous comptons 10 318 morts à travers le monde, ce sera beaucoup plus avant que je termine. Il faut agir rapidement et penser plus vite que le mal.

Le 7 février 2020, la plus haute autorité planétaire en matière de santé, l’Organisation mondiale de la santé, exprimait ses inquiétudes pour les pays comme le nôtre… M. Tedros Adhanom Ghebreyesus déclara : « Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage à des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. » Aux quatre coins du globe, les quartiers, les villes, les pays se ferment comme des huitres. Finalement, le gouvernement haïtien a suivi la tendance dès l’annonce de 2 cas confirmés. Fermeture des frontières ; imposition de couvre-feu. Interdiction de rassemblements, confinement résidentiel, quarantaine pour les cas suspects, entre autres. Est-ce que toutes ces mesures sont applicables à la lettre chez nous ?

Ces classiques de la prévention doivent être accompagnés d’un support matériel et financier à la population… Ainsi que des informations et des consignes claires basées sur la science, non sur l’approximation et les rumeurs. La fréquence, la véracité et l’exactitude des données sauveront des vies. Il faut créer un climat de confiance. Elle garantit que les consignes sont suivies et que la population agit de manière rationnelle. Le manque de transparence alimente la méfiance et sème le doute dans la population.

L’État haïtien doit réunir ses maigres ressources. Le volontariat et les expertises locaux doivent être également pris en compte. La Croix-Rouge haïtienne, les chambres de commerce et les associations de la société civile doivent être mobilisées de concert avec les autorités dans des stratégies communes et originales tenant compte des spécificités haïtiennes. Soit nous nous impliquons tous activement pour faire barrage au virus, soit nous nous contaminons tous, submergés par ce tsunami microbien !

À l’international, « Le 3 mars, l’Agence France Presse (AFP)  rapporte  que la Banque mondiale débloque une aide de 12 milliards destinés aux pays pauvres, pour aider à la lutte contre le coronavirus ». Cette somme est passée à 14 milliards le 17 mars dernier.

Les objectifs poursuivis par la Banque ont d’abord un niveau technique et financier :

- Limiter la transmission

- Former des agents de santé pour soigner les patients atteints

- Minimiser les impacts sociaux et économiques dans les communautés démunies.

Quelles sont les démarches entreprises par le gouvernement afin qu’Haïti bénéficie de cette manne pour aider les plus vulnérables ? Quel est le plan national de crise mis en place pour absorber efficacement cette aide et répondre aux urgences ?

L’assistance de la Banque mondiale peut prendre la forme de fourniture de biens et de services, notamment d'équipements et de matériels de laboratoire. Ces données sont extrêmement importantes pour Haïti qui ne dispose que d’un seul centre de dépistage pour 12 millions d’habitants ! Or justement tester la population massivement est une prévention. Ceci permettrait la prise en charge en amont. Et donc la mise en échec du virus.

Le sérieux de la situation impose à nos dirigeants des choix conscients, cohérents et rassurants. La seule manière de s’en sortir avec le moins de morts est une implication collective. Faisons tomber les barrières sociales, impliquons-nous !



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