SPNH : les policiers révoqués continuent de recevoir leur salaire et ont une nouvelle revendication

Publié le 2020-03-13 | Le Nouvelliste

La PNH n’a pas encore annoncé la réintégration des 4 policiers révoqués dans le cadre des protestations pour la reconnaissance du Syndicat de la Police nationale d'Haïti. Contacté par le journal en début de matinée, le porte-parole de l’institution policière, Michel-Ange Louis Jeune, s'est prononcé. Selon lui, on est encore au stade de la résolution du CSPN, c'est-à-dire une réévaluation de leur dossier. « Nous attendons le résultat de cette réévaluation », a-t-il fait savoir. 

Le porte-parole du SPNH, l’inspecteur Jean Helder Lundi, a pour sa part indiqué que les policiers révoqués ne comptent pas engager de recours pour tenter d’annuler la révocation. D’ailleurs, poursuit-il, nous ne nous considérons pas comme des policiers révoqués. « Nous venons à peine de recevoir notre salaire pour ce mois. Notre carte de débit a été renflouée. Nous continuons de bénéficier de tous les avantages que nous confère notre statut de policier. Nous détenons toujours nos badges et armes de service. Nous n’avons jamais été révoqués. C’est pour cela que nous n’allons pas faire de recours. Il revient à eux de corriger leur décision hâtive », a-t-il expliqué. 

Pour l’heure, Jean Helder Lundi a souligné que le SPNH est en train de finaliser le statut du syndicat. Ce document, annonce-t-il, sera déposé au ministère des Affaires sociales et du Travail au début de la semaine prochaine. « Nous avons déjà tenté de déposer le document mais le ministère des Affaires sociales l’avait déclaré irrecevable. Après l’annonce du Premier ministre, nous avons convenu de le déposer encore une fois, après correction. Ce sera fait lundi ou mardi », a-t-il fait savoir, indiquant que désormais les quatre policiers concernés ont le SPNH comme nouvelle affectation.

Le porte-parole du SPNH toutefois se montre sceptique en ce qui concerne les résolutions du CSPN. « Nous constatons qu'un arrêté ministériel a été pris pour amender l’article 11 du décret d’août 2013. On questionne la valeur juridique de cet arrêté. Au niveau du SPNH nous voulons un accord tripartite entre la PNH, le SPNH et l’OPC. Ce document doit établir ce que nous allons obtenir de nos diverses revendications. Il doit contenir un agenda sur les réponses qui seront données, à court, à moyen et à long terme, à nos revendications », exige-t-il. 

Toujours en ce qui concerne l’arrêté d’août 2013, Jean Helder Lundi estime qu’il faut aussi amender l’article qui exige au policier de démissionner deux ans à l’avance de l’institution s’il veut briguer un poste électif. « Cet article nous empêche de jouir d'un droit qui nous est conféré par la Constitution. Si l'on n’amende pas cet article, je ne vois pas comment on va pouvoir organiser des élections dans le pays. Ce sont les policiers qui sécuriseront le vote. Si nous sommes contre les élections, elles n’auront pas lieu. Ils ont intérêt à changer cet article, sinon il n’y aura pas d’élections. Nous avons bloqué l’organisation du carnaval. Nous pouvons faire de même pour les élections », a-t-il menacé.

Ses derniers articles

Réagir à cet article