Remontée spectaculaire des cas de kidnapping

Publié le 2020-02-11 | lenouvelliste.com

Alors que la crise économique aiguë s'enracine et qu'il n'y a pas l'ombre d'une entente entre les forces politiques dans le pays, on assiste à une remontée spectaculaire des cas de kidnapping ces dernières semaines. 

Cette augmentation des enlèvements est dénoncée par le porte-parole de la police nationale lui-même. Ce n'est ni une rumeur ni un fake news. 

Cela dit, la police ne communique pas de statistiques et les réseaux sociaux rapportent à longueur de journée des cas. Les médias traditionnels répercutent les dénonciations. Le tout sans que personne ne confirme officiellement les annonces. Jusqu’à ce qu’un drame sanglant se produise.

Le kidnapping, depuis des années, est une douleur privée. La majorité des cas ne sont pas rendus publics. Les victimes, les parents, les amis se partagent la peine et le traumatisme après avoir cotisé pour réunir la rançon. 

Dans toute cette affaire, depuis que le président de la République René Préval s'était impliqué dans le cas du petit Boris Potanski sans grand succès, les autorités font la sourde oreille et détournent le regard. Elles ne se prononcent pas. Ne s'impliquent pas. Laissant aux familles et à la police tout le fardeau. 

Le kidnapping est une plaie qui revient cycliquement à la une de l'actualité. Particulièrement quand des zones de non-droit offrent des sanctuaires aux ravisseurs et que les chefs refusent de remplir leur mission. 

En ce mois de février 2020, c'est une véritable psychose de peur qui enveloppe la région métropolitaine dans une relative indifférence des politiques. 

La société civile appelle à battre les ténèbres, ce mercredi. Une marche est annoncée pour vendredi. Les animateurs d'une émission musicale célèbre ont décidé de ne pas être à l'antenne à radio Caraïbes, ce mardi. 

Si la police a procédé à des changements de commandement à la tête de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), au commissariat de Delmas et s'apprête à effectuer d'autres mouvements d'effectif pour essayer de freiner le phénomène, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique demande à la population de ne pas céder à la panique et promet que les bandits seront poursuivis.

Reste le mot de la police : la remontée des cas de kidnapping est spectaculaire. Celle de la peur aussi. 



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