Festival international de jazz de Port-au-Prince | 14e édition

Moment magique, Yilian Cañizares chante Erzulie au PaPJazz

Publié le 2020-01-22 | Le Nouvelliste

C’était un moment magique au festival international de jazz de Port-au-Prince de voir chanter la Cubano-Suisse Yilian Cañizares. Elle chantait et dansait Erzulie, la reine de l’amour, le samedi 18 janvier, sur la scène Heineken de l’hôtel Karibe. Sa rencontre avec les artistes haïtiens, en 2017, notamment avec la famille de Théodore Beaubrun de Boukman Eksperyans, va l’amener à la culture de ses ancêtres africains. Elle l'a confessé elle-même au public. 

Ylian a beaucoup résisté à Erzulie, la reine de l’amour du panthéon voudou. Un soir d'insomnie, aux petites heures de l’aube, vers deux heures du matin, elle metta toute sa fragilité dans une ballade à la déesse de l’amour. 

Accompagnée par Paul Beaubrun, du bassiste mozambicain Childo Tomas, du percussionniste cubain Inor Sotolongo et du batteur de Nola Black Samouraï, le violon et la voix d’Yliian emplissaient la nuit d’une sensibilité créole nostalgique mêlée de tendresse et de légèreté.

Son nouvel album, «Erzulie», servi dans la nuit de Pétion-Ville, a permis au public de redécouvrir cette Havanaise qui manie son violon avec maestria. 

La Yilian est une grande classique, elle invite dans sa palette musicale l’Europe, l’Afrique et les Caraïbes. Les souffles s’entrecroisaient sur les cordes frottées de cette instrumentiste : Stephan Grapelli, Omar Sosa, Chucho Valdez, Richard Bona, le violon tzigane, les rituels yoruba, la spiritualité vodou d’Haïti, la santeria de Cuba et la pop-rock. C’est tout ce mélange qui conduira à ces albums : 2009 – Caminos; 2011 - Somos Ochumare; 2013 – Ochumare; 2015 – Invocación; 2018 – Aguas; 2019 – Erzulie.

Yilian est une étoile montante dans l’univers du jazz. Elle suit sa route et rencontre des musiciens qui l’inspirent. L’instant partagé sur scène avec Paul Beaubrun, un enfant biberonné à la musique racine et nageant dans les eaux du rock et du blues, est inoubliable.

Toute la sensualité afrocubaine dans une coulée de jazz et de rock au Festival international de jazz de Port-au-Prince était rendue avec élégance, énergie et passion furieusement jazz sur la scène Heineken du Karibe.

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