Les grands rendez-vous économiques / Group Croissance

Cadre budgétaire : le gouvernement continue de subventionner le carburant mais pas l’EDH

Publié le 2020-01-07 | lenouvelliste.com

Par peur de provoquer une nouvelle émeute semblable à celles des 6 et 7 juillet 2018, le gouvernement prend garde à ne pas mettre fin à la subvention des produits pétroliers à travers le cadre budgétaire recommandé par le Fonds monétaire international (FMI) pour remédier à l’absence d’un budget voté  par le Parlement. À la 25e édition de l’émission, Les grands rendez-vous économiques, diffusée le mercredi 1er janvier 2020, sur la radio télé Métropole, le ministre de l’Économie et des Finances par intérim, Joseph Jouthe, a soutenu que le gouvernement se trouve dans l’obligation de continuer à subventionner les produits pétroliers. 

« J’ai donné des instructions au directeur général du Bureau de monétisation d’aide au développement (BMPAD) de refaire les appels d’offres de manière à chercher les meilleurs prix sur le marché international afin de réduire le montant constituant la subvention aux produits pétroliers », a indiqué Joseph Jouthe, titulaire du ministère de l’Economie et des Finances (MEF).  Pour éviter une augmentation des prix du carburant à la pompe, le ministre qui est aussi titulaire du ministère de l’Environnement, a fait savoir que l’État haïtien doit verser aux importateurs un montant de deux milliards de gourdes à l’arrivée de chaque nouvelle cargaison. « Dépendamment de la saison, il est possible d’avoir deux cargaisons de produits pétroliers par mois », a-t-il précisé pour faire comprendre que la subvention des produits pétroliers représente en termes de chiffres entre 2 à 4 milliards de gourdes chaque mois.      

 La suppression des subventions aux carburants entraîne une augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe et des coûts des transports en commun. Une augmentation des prix des transports en commun répercute directement sur les passagers qui sont plusieurs millions. Le gouvernement ne fait même pas allusion au décret de 1995 selon lequel le prix des produis pétroliers devrait être ajusté en fonction du prix du baril sur le marché international.  Depuis les émeutes des 6 et 7 juillet 2018, les autorités gouvernementales abandonnent toute idée d’augmenter le prix de l’essence sur le marché local.  

Par contre, le ministre Joseph Jouthe a indiqué qu’il n’y aura pas de subvention à l’Électricité d'Haïti. Depuis qu’il est à la tête du MEF, il dit n’avoir débloqué aucun fonds pour l’EDH.  « Pourtant l’EDH répond bien à ses obligations envers ses employés et continue de fonctionner », a-t-il affirmé. Au cas où cette institution aurait besoin de ressources financières pour faire tourner les moteurs dans les autres centrales dont elle a repris contrôle, le patron du MEF envisage de  faire une avance à la compagnie d’électricité.  

La dette des institutions publiques envers l’EDH se chiffre à deux milliards de gourdes. Joseph Jouthe dit avoir demandé à ses collègues du gouvernement d'honorer leurs dettes envers l’EDH. « Ils commencent à s'acquitter de leurs dettes envers l’EDH. La compagnie d’électricité dispose d’un personnel, de matériel et des machines, tout ce dont elle a besoin pour fonctionner. Tout simplement, elle est en panne de formules pour ce qui est de la rentrée d’argent », reproche M. Jouthe aux responsables de l’institution, soulignant qu’il entend à maintes reprises le président Jovenel Moïse faire des recommandations auxdits responsables  pour l’utilisation de compteurs d’électricité  intelligents.

Joseph Jouthe invite l’EDH à se moderniser. Il a affirmé qu’à Tiburon, les gens achètent de l’électricité comme ils le font pour acheter des minutes d’appel téléphonique. Le ministre de l'Économie et des Finances a également demandé aux responsables de l’EDH de se rendre dans le Nord-Est pour recevoir une bonne leçon des dirigeants de NRECA.  « Cette compagnie a redistribué les pertes non techniques liées aux vols du courant électrique à ses clients. Ce sont les clients eux-mêmes qui empêchent la présence des prises électriques illégales afin de ne pas payer pour les voleurs  », a expliqué Joseph Jouthe, soulignant que le taux de perception de la compagnie NRECA est de 95% 

Le carburant représente 80% des coûts de fonctionnement des usines électriques, a souligné Joseph Joute. Pour le ministre, la formule est simple, la compagnie d’électricité achète le carburant pour produire le courant électrique qu’elle vend pour pouvoir pérenniser le cycle de production.  



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