Le porte-parole du comité de suivi de la Passerelle recadre des membres de l’opposition radicale

Publié le 2019-12-18 | lenouvelliste.com

Le porte-parole du comité de suivi de la Passerelle, Joseph Domingue Orgella, a répondu aux critiques de l’opposition radicale sur la rencontre avec le chef de l’État. En conférence de presse hier lundi, le sénateur Antonio Chéramy et André Michel ont déclaré que l’Alternative n’a donné mandat à personne pour négocier des postes avec Jovenel Moïse. Interrogé à cet effet, Joseph Domingue Orgella a évoqué ceux qui ont mal interprété le travail de la Passerelle dès le début. « Il y a certes un taux de chômage élevé dans ce pays, mais ceux qui se sont engagés dans la Passerelle ne sont pas à la recherche d’emploi. Ce sont des victimes de la situation du pays. La déclaration commune de la société est signée de l’ensemble des organisations syndicales les plus représentatives du pays, 13 chambres de commerce, les organisations paysannes les plus représentatives, les organisations de femmes les plus représentatives, etc. Au total, 107 organisations ont signé la déclaration au départ. Les 7 personnalités qui ont fondé la Passerelle n’étaient pas à la recherche d’emploi. Ceux qui parlent d’emploi le font parce que leur objectif est la recherche d’emploi. Nous autres, nous sommes intéressés par le destin du pays », a-t-il fait savoir. 

Joseph Domingue Orgella rappelle que les acteurs de la société ont mis beaucoup de temps à élaborer la feuille de route du gouvernement de transition et la formation de l’organe de contrôle de la transition. « C’est ce qui nous intéresse. Si elle aura lieu, cette transition doit être une transition de rupture. Elle ne doit pas être une occasion pour des acteurs politiques de s’enrichir au détriment de la population. La société civile cette fois-ci ne va pas accepter que des acteurs prennent le pouvoir sans rendre compte de leurs actions », a-t-il mis en garde. 

Le porte-parole du comité de suivi de la Passerelle rappelle que les membres ont utilisé leurs propres ressources financières et leur temps pour réaliser ce travail. « Beaucoup de sacrifices ont été consentis. Carole Demesmin a parcouru des kilomètres à pied pour prendre part aux réunions alors que la situation sécuritaire était très critique. Personne ne peut nous mettre en minorité pour nous empêcher de faire notre travail et d’exiger que la solution à la crise soit haïtienne et durable. Il faut un effort de part et d’autre pour un dialogue parce que la solution à la crise doit être pacifique », a-t-il déclaré. 

Le comité de suivi de la Passerelle a répondu à l’invitation du président de la République hier lundi au Palais national. Joseph Domingue Orgella a indiqué que l’accord de Marriott, paraphé par plusieurs partis de l’opposition, a été remis à Jovenel Moïse. Ce dernier a indiqué que le président continue de promouvoir le dialogue et une solution haïtienne à la crise. « Le président a dit que même s’il s’agissait, de son départ du pouvoir, il faudrait un dialogue entre les Haïtiens. Je ne sais pas s’il n’écarte pas une possibilité de démissionner. Mais il estime normale sa démarche de recevoir officiellement les documents dont il a eu connaissance dans les médias », rapporte-t-il. 

Le porte-parole du comité de suivi a fait remarquer que le président n’a pas demandé à la Passerelle de servir de médiateurs entre la présidence et l’opposition qui exige sa démission. Cependant, ajoute-t-il, Jovenel Moïse s’est dit disposé à déléguer ses représentants dans toutes les initiatives haïtiennes pour résoudre la crise.



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